En direct Lundi 24 Août 2026
Géopolitique

Facebook et TikTok accusés de faciliter le recrutement d’enfants par des groupes armés en Colombie, selon l’ONG Human Rights Watch

Au cours de six décennies de conflit armé, les guérillas et les narcotrafiquants ont enrôlé des enfants et des adolescents issus de milieux défavorisés dans le pays latino-américain.

Facebook et TikTok accusés de faciliter le recrutement d’enfants par des groupes armés en Colombie, selon l’ONG Human Rights Watch
HaitiCreoleRadio.com

Facebook et TikTok sont incapables d’empêcher la diffusion de contenus produits par des groupes armés en Colombie pour recruter des mineurs et « leurs algorithmes semblent même le promouvoir », a accusé l’ONG Human Rights Watch (HRW) dans une enquête diffusée lundi 24 août.

Au cours de six décennies de conflit armé, les guérillas et les narcotrafiquants ont enrôlé des enfants et des adolescents issus de milieux défavorisés dans le pays latino-américain. Mais ces dernières années, l’utilisation de ces réseaux sociaux a « contribué à la forte hausse du recrutement d’enfants », selon HRW.

L’ONG, qui enquête sur les violations des droits humains, a attiré l’attention sur la diffusion, via les réseaux sociaux, de publications « glorifiant la vie dans les groupes armés » et proposant de « fausses offres d’emploi », ce qui a contribué au recrutement d’au moins 1 500 mineurs en Colombie depuis 2021.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés « On est de la chair à canon » : Sol, 17 ans, ancienne enfant-soldate d’un groupe armé en Colombie

Selon le rapport, les groupes armés utilisent principalement les enfants pour combattre, recueillir des renseignements et piloter des drones. « Près de la moitié » des mineurs victimes de ce qui est considéré comme un crime de guerre appartiennent à des communautés indigènes. Les filles, qui représentent 40 % des cas, sont quant à elles exposées à des violences sexuelles.

Suppression des contenus

HRW a relevé des publications dans lesquelles des criminels exhibent des liasses de billets et des bijoux. D’autres les montrent dans des camps ou en train d’écouter des « narcocorridos », des chansons mexicaines faisant l’apologie du milieu des trafiquants de drogue.

Certains utilisateurs demandent dans les commentaires comment rejoindre des organisations telles que le cartel du Clan del Golfo ou des guérillas d’extrême gauche comme l’Armée de libération nationale et les sections dissidentes des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) qui ont rejeté l’accord de paix de 2016. Ces dernières sont responsables de 74 % des cas, selon le rapport.

L’ONG a fait savoir avoir signalé le problème à Meta, maison mère de Facebook, ainsi qu’à ByteDance, propriétaire de TikTok. « Toutes deux ont affirmé avoir supprimé les contenus provenant des groupes armés que nous leur avions signalés », a déclaré HRW. Meta lui a assuré « s’efforcer constamment d’améliorer » sa stratégie de lutte contre le recrutement de mineurs, selon le rapport.

De son côté, ByteDance a assuré empêcher « de manière proactive les groupes armés illégaux et les groupes criminels organisés d’utiliser » sa plateforme à ces fins.

Bien que l’accord de paix de 2016 ait désarmé l’essentiel des FARC, les dissidences et d’autres bandes armées se sont depuis lors développées. Le président Abelardo de la Espriella, tenant de la droite dure au pouvoir depuis moins d’un mois, mène une offensive militaire contre ces groupes avec l’aide des Etats-Unis et d’Israël.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés En Colombie, le séisme complique les premiers pas d’Abelardo de la Espriella, le nouveau président d’extrême droite

Le Monde avec AFP

S’abonner
Article précédent Haïti - CFU Challenge 2026 (U-14) : Haïti Champion des Caraï… Article suivant Esports World Cup : Emmanuel Macron et le prince saoudien cô…

Commentaires (0)

Laisser un commentaire

0 / 2000 caractères

Aucun commentaire. Soyez le premier !