Avant de s’envoler pour un nouveau meeting dans le Mississippi lundi soir, Donald Trump a commenté les résultats de l’élection présidentielle de la veille au Brésil. “Ça ressemblait à une nouvelle élection truquée, franchement”, a estimé le président américain, cité par The Hill. Lula, donné perdant, l’a emporté de plus de quatre millions de voix sur Flávio Bolsonaro grâce, entre autres, à une participation en hausse. “Les élections doivent être incontestables et celle-là m’a semblé très mauvaise. J’ai regardé l’élection et ça m’a paru tellement corrompu. C’est terrible”, a ajouté Trump, tout en insistant sur le fait qu’il s’entendait bien avec Lula.

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Coïncidence ou pas, le Washington Post constate que Bolsonaro a concédé sa défaite quelques minutes “après que Trump a suggéré qu’il ne l’aiderait pas”, malgré sa bonne relation avec Jair Bolsonaro, son père, et ce que le quotidien qualifie de “scepticisme” face à l’issue du vote.

Dimanche soir, le candidat du parti libéral avait annoncé qu’il allait demander l’annulation de l’élection, en raison notamment du temps supplémentaire accordé dans certains bureaux de vote. “Je ne suis pas celui qui a perdu, c’est le système qui a gagné”, a affirmé Bolsonaro, prêt à “organiser l’opposition pour bâtir une forteresse contre le barbarisme”. En fin de journée, c’est sa formation politique qui a publié un communiqué disant que “nous reconnaissons le résultat de l’élection présidentielle proclamé par le Tribunal supérieur électoral”.

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Le journal indique également qu’au-delà de la position de Trump, Bolsonaro a compris que son espoir d’annuler l’élection n’était pas très partagé, y compris dans son camp. Il va plutôt attaquer Lula en justice, l’accusant d’abus de pouvoir pour influencer le vote. “Une initiative classique de la part de candidats battus qui a rarement du succès au tribunal”, souligne le Post.

“Une défaite pour le Trumpisme”

Donald Trump n’avait pas pris parti officiellement en faveur de Bolsonaro durant la campagne, rappelle USA Today. Il l’avait toutefois invité à la Maison Blanche, une rareté pour un candidat. “La défaite de Bolsonaro prive la Maison Blanche d’un allié idéologique puissant à la tête d’une des plus grosses économies d’Amérique latine”, observe le quotidien. “La victoire de Lula au Brésil est une défaite pour le Trumpisme”, confirme Time. Le président américain a “l’ambition de bâtir un hémisphère de gouvernements alignés sur ses politiques”.

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Axios signale d’ailleurs que des alliés du président américain ont critiqué le résultat des urnes en criant à la fraude. Comme Steve Bannon, ancien proche conseiller de Donald Trump, qui lui demande de couper les liens des États-Unis avec le Brésil ou Andrew Kolvet, ex-producteur de Charlie Kirk, appelant à “mettre la pression en coulisses” sur Lula et son gouvernement. “L’attention prêtée à la défaite de Bolsonaro intervient alors que des militants MAGA poussent Trump à prendre des mesures extraordinaires, comme la loi martiale, s’ils pensent que l’élection américaine est truquée”, pointe Axios.

Le Wall Street Journal a d’évidentes réserves sur Lula, qui va devoir “nettoyer la pagaille qu’il hérite de lui-même” pendant son nouveau mandat. Bolsonaro, perçu comme plus rigoureux en matière de dépenses publiques, avait la préférence des investisseurs. “Les marchés ne votent pas pour Lula au Brésil”, titre un éditorial.

L’index Bovespa, le principal index de la bourse locale, a chuté de 10 % à l’ouverture des marchés, au point de déclencher une interruption provisoire des échanges, relève le New York Times. Le géant Petrobras, une entreprise publique, a vu son action s’effondrer de 14 %, le groupe bancaire Itau 20 %. Le Real a lui perdu 8 % sur le dollar, sa chute la plus forte depuis 1999, précise le quotidien.

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