L’Ukraine mène en Russie des frappes toujours plus en profondeur. Avec cette campagne, Kiev espère saper le moral de la population russe. Le risque est que cela vienne au contraire faire le jeu des faucons qui, en Russie, pressent Poutine d’intensifier encore la guerre. Le succès technique des opérations ukrainiennes est incontestable. [Début août], deux importantes raffineries pétrolières, des compagnies Bashneft-Novoil et Slavneft-Yanos, ont été touchées. Au plus fort des frappes, la campagne ukrainienne avait privé la Russie d’un tiers de ses capacités de raffinage. Parallèlement, les attaques en mer d’Azov, avec 236 navires visés rien qu’en juillet, ont considérablement réduit la circulation maritime, diminuée de trois quarts dans cet axe crucial.

Plus récemment, l’Ukraine s’est mise à prendre pour cible des bâtiments appartenant à Wildberries, l’Amazon russe, qui représente plus de 10 % du commerce de détail dans le pays. Selon une estimation, les dégâts causés au géant du commerce en ligne dépasseraient à ce jour les 280 milliards de roubles [2,89 milliards d’euros].

Il ne faut pas pour autant attendre de ces frappes en profondeur qu’elles paralysent l’économie russe. La Russie voit ses recettes pétrolières et gazières soutenues par la crise au Moyen-Orient. Après avoir ch