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Génération Mondial : Alexandre Pierre, le Grenadier rempart d’Haïti

Né en banlieue parisienne de parents originaires de l’Artibonite, il a découvert Haïti non pas en y grandissant, mais à travers le maillot des Grenadiers. À 25 ans, le gardien du FC Sochaux s’apprête à vivre son premier Mondial sous le dossard 12, entre deux mondes qu’un océan sépare.

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11 juin 2026
Génération Mondial : Alexandre Pierre, le Grenadier rempart d’Haïti
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Génération Mondial : Alexandre Pierre, le Grenadier rempart d’Haïti

  • by Rezo Nodwes
  • 11 juin 2026
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Né en banlieue parisienne de parents originaires de l’Artibonite, il a découvert Haïti non pas en y grandissant, mais à travers le maillot des Grenadiers. À 25 ans, le gardien du FC Sochaux s’apprête à vivre son premier Mondial sous le dossard 12, entre deux mondes qu’un océan sépare.

Il y a, dans le parcours d’Alexandre Pierre, deux pays séparés par un océan. D’un côté, Aubervilliers, en banlieue parisienne, où il est né et a grandi. De l’autre, l’Artibonite, en Haïti, d’où viennent ses parents, et qu’il n’a découvert que sur le tard, à travers un maillot. Gardien de but du FC Sochaux, international haïtien depuis 2022, il fait partie des vingt-six joueurs retenus par Sébastien Migné pour le premier Mondial des Grenadiers depuis cinquante-deux ans. À 25 ans, son histoire est celle d’un fils de la Diaspora.

Aubervilliers, l’Artibonite, et un océan entre les deux
Alexandre Pierre voit le jour le 25 février 2001 à Aubervilliers, dans la Seine-Saint-Denis, ce département de la banlieue nord de Paris que les Français surnomment « le 93 ». C’est un territoire populaire, célèbre pour son football de rue et ses clubs de quartier, où ont grandi tant de joueurs venus d’horizons divers. Le petit Alexandre y attrape très tôt le virus du ballon. Avant d’intégrer un centre de formation, il fait ses premières gammes tout près de chez lui, à l’AS Jeunesse Aubervilliers, le club de la commune.

Mais Aubervilliers n’est pas seulement sa ville natale. C’est aussi le point d’ancrage d’une famille venue d’ailleurs. Selon la Fédération haïtienne de football, le gardien est « né en France de parents haïtiens originaires de l’Artibonite ». Cette filiation, des deux côtés, fait de lui un enfant de la Diaspora : un Français de naissance dont les racines plongent dans ce grand département agricole du centre d’Haïti. Sur l’identité précise de ses parents, leur métier ou leur parcours, les sources publiques restent en revanche très discrètes.

À la différence de plusieurs coéquipiers nés et élevés au pays, Alexandre Pierre n’a pas grandi en Haïti. Il a construit son lien à la nation autrement : par le football, match après match, sélection après sélection. Le choix de porter le maillot haïtien, plutôt que de viser l’équipe de France dont il avait aussi la nationalité, n’est pas venu par défaut. Dès sa première convocation, en 2022, le gardien a embrassé pleinement le projet des Grenadiers, comme une évidence longtemps mûrie.

Sa présence dit quelque chose de la sélection haïtienne d’aujourd’hui. Une grande partie de l’effectif est née ou a grandi hors du pays, avant de revenir vers le drapeau au moment de la maturité sportive. Chez lui, ce sont deux mondes qui se rejoignent : la Seine-Saint-Denis et l’Artibonite, à la fois proches par le sang et distants par la géographie, séparés par un océan mais reliés par une filiation. Dans le vestiaire, Alexandre Pierre incarne, sans bruit, cette Haïti des départs et des retours.

Sur sa vie privée, le gardien se confie peu. Un message public, partagé sur ses réseaux à l’occasion d’une étape de sa carrière, en dit toutefois l’essentiel. Il y remercie « [sa] famille, [ses] enfants, [sa] future femme, qui [l’]ont soutenu » durant des années qu’il décrit comme difficiles. On comprend, de ses propres mots, qu’il est père de plusieurs enfants et engagé auprès d’une compagne qu’il s’apprête à épouser. Une cellule familiale qu’il présente comme le socle de sa persévérance.

Comme presque tous les Grenadiers, Alexandre Pierre prépare ce Mondial loin d’Haïti. L’insécurité des gangs empêche la sélection de jouer au pays, et la préparation se déroule depuis les États-Unis. Pour ce fils de la Diaspora qui n’a jamais vécu sur la terre de ses parents, le paradoxe est saisissant : il défendra les couleurs d’un pays qu’il connaît surtout par le récit des siens et par le football, sans avoir encore pu en fouler le sol.
Le long apprentissage d’un gardien

Sur le terrain, le parcours d’Alexandre Pierre est celui d’un gardien patient. Après le club de sa commune, il rejoint en 2016 le centre de formation du Stade Lavallois, dans l’ouest de la France, où il gravit les échelons jusqu’à jouer en réserve à seulement 17 ans. Suivent un passage par la réserve d’Angers, puis l’arrivée au RC Strasbourg, en Alsace, alors en première division. Le 1er juillet 2021, il y signe son premier contrat professionnel. Le poste de gardien, plus que tout autre, exige cette patience-là.

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