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Génération Mondial : Wilson Isidor, le Grenadier aux deux îles

Un père venu des Caraïbes, une mère de l’océan Indien, et un enfant né en France qui rêvait de la Premier League. Le 17 mars 2026, le buteur de Sunderland a fait un autre choix décisif : porter le bleu et rouge des Grenadiers. Un père venu d’Haïti, une mère originaire de Madagascar, et

Génération Mondial : Wilson Isidor, le Grenadier aux deux îles
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8 juin 2026
Génération Mondial : Wilson Isidor, le Grenadier aux deux îles
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Génération Mondial : Wilson Isidor, le Grenadier aux deux îles

  • by Rezo Nodwes
  • 8 juin 2026
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Un père venu des Caraïbes, une mère de l’océan Indien, et un enfant né en France qui rêvait de la Premier League. Le 17 mars 2026, le buteur de Sunderland a fait un autre choix décisif : porter le bleu et rouge des Grenadiers.

Un père venu d’Haïti, une mère originaire de Madagascar, et un petit garçon qui voit le jour à Rennes, une grande ville de l’ouest de la France, un dimanche d’août 2000. Dès la naissance, Wilson Isidor porte en lui une géographie hors norme : le sang des Caraïbes du côté paternel, celui de l’océan Indien du côté maternel. Cette double appartenance, il la gardera longtemps pour lui, avant de la revendiquer devant la planète football au printemps 2026, en choisissant de défendre les couleurs d’Haïti.

Les médias le présentent toujours de la même façon : « né en France de parents haïtien et malgache ». À l’âge des choix, l’attaquant disposait d’un éventail rare. Formé en équipe de France chez les jeunes, il pouvait viser les Bleus ; par son père, il était haïtien ; par sa mère, il aurait même pu, en théorie, opter pour Madagascar, cette grande île de l’océan Indien. Mais l’appel de la Diaspora haïtienne s’est révélé le plus fort, et c’est vers Haïti que son cœur a fini par pencher.

L’enfance, elle, s’est jouée à Le Rheu, une commune voisine de Rennes. « J’ai surtout commencé à jouer dans la rue », a-t-il raconté à la chaîne française TF1. « Les voisins râlaient un peu, mais aujourd’hui, quand je les vois, ils me félicitent ! » À sept ans, il rejoint le club local, le SC Le Rheu, où il se lie d’amitié avec Mathis Picouleau, fils de son entraîneur. Les deux gamins, inséparables sur les bancs de l’école comme sur le terrain, resteront amis pour la vie.

Wilson Isidor parle peu, mais quand il se livre, c’est de ses enfants. En octobre 2025, un long reportage de la chaîne YouTube « Deux Nuits Avec », tourné dans son quotidien anglais, a montré un père avant tout. Sa vraie passion, y explique-t-on, ce n’est pas le ballon, mais ses enfants, pour lesquels il dit éprouver un amour sans condition. Il confiait même préférer que son fils ne devienne pas footballeur, conscient des sacrifices et de la pression que ce métier impose à toute une famille.

La famille de l’attaquant est nombreuse : cinq enfants, selon les comptes de supporters de Sunderland. La cadette, Ayah Shiloh, est née fin août 2025, lors d’un week-end resté gravé dans sa mémoire. Trois jours après ses 25 ans et au lendemain de cette naissance, Wilson Isidor entrait en jeu face à Brentford et plantait, à la 96ᵉ minute, un coup de tête victorieux. Aujourd’hui, le buteur dit s’être pleinement enraciné avec les siens dans la région de Sunderland, dans le nord-est de l’Angleterre.

Le choix d’Haïti, lui, s’est imposé après des mois de sollicitations. La Diaspora a inondé le joueur de messages pour le convaincre. Le 17 mars 2026, il annonce sa décision sur les réseaux sociaux, puis, dans une vidéo en créole diffusée par la Fédération haïtienne de football, lâche cette phrase devenue culte : « Jodi a, mwen vin di w : men mwen » (« Aujourd’hui, je viens vous dire : me voici »). Comme presque tous ses coéquipiers, il n’a jamais pu se rendre en Haïti, l’insécurité des gangs rendant le pays inaccessible.

Le 31 mars 2026, à Toronto, face à l’Islande, l’avant-centre honore sa première titularisation avec Haïti et égalise à la 88ᵉ minute, pour son premier but national. Sur les réseaux, il publie aussitôt : « Pour le pays, pour les ancêtres ! » Le message s’envole, liké des dizaines de milliers de fois. En portant le maillot des Grenadiers, le Rheusois ne défend pas seulement une équipe : il répare une part de son histoire, celle d’un père et d’un grand-père nés en Haïti, qu’il dit vouloir honorer.

Sur le terrain, le parcours de Wilson Isidor est une longue traversée. Après neuf saisons à l’académie du Stade Rennais et plusieurs sélections de jeunes avec la France, dont une Coupe du monde des moins de 17 ans en Inde en 2017, il signe son premier contrat professionnel à l’AS Monaco. Le 11 novembre 2018, à 18 ans, il découvre l’élite française, la Ligue 1, par un baptême brutal : une lourde défaite face au Paris Saint-Germain. Suivront des prêts à Laval puis à Bastia-Borgo, où il explose enfin.

En janvier 2022, l’attaquant prend tout le monde de court en filant au Lokomotiv Moscou, en Russie, à 21 ans. Le pari sportif réussit : il y empile les buts, dont une série lors de ses premiers matchs, et s’impose comme un avant-centre redoutable. Le Zénith Saint-Pétersbourg, géant du football russe, l’attire ensuite, d’abord en prêt puis définitivement, pour environ 4 millions d’euros (près de 4,4 millions de dollars américains). Mais l’envie de revenir vers l’Europe de l’Ouest finit par le rattraper.

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