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Gérald Darmanin ira en Algérie, lundi, pour discuter de coopération judiciaire et du cas de Christophe Gleizes

Le journaliste français Christophe Gleizes est détenu depuis près d’un an en Algérie. Alors que la France et l’Algérie traversent une profonde crise diplomatique depuis deux ans, le déplacement de M. Darmanin pourrait encourager un réchauffement des relations.

Gérald Darmanin ira en Algérie, lundi, pour discuter de coopération judiciaire et du cas de Christophe Gleizes
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Le ministre de la justice, Gérald Darmanin, sera à Alger, lundi, aux côtés de plusieurs magistrats pour discuter de coopération judiciaire ainsi que de certains dossiers « sensibles », en particulier celui du journaliste détenu en Algérie, Christophe Gleizes, a fait savoir, samedi 16 mai, la chancellerie.

« Ce déplacement a pour objet de travailler l’ouverture d’un nouveau chapitre de la coopération judiciaire entre nos deux pays », a souligné la chancellerie, précisant que les sujets liés à la criminalité organisée, le narcotrafic ou encore la lutte contre le terrorisme devaient également être abordés par M. Darmanin, qui sera reçu à Alger par son homologue.

Après une amorce de détente impulsée par le ministre de l’intérieur, Laurent Nuñez, puis la récente visite de la ministre déléguée aux armées, Alice Rufo, ce déplacement de M. Darmanin consacre un réchauffement entre Paris et Alger après près de deux années de profonde crise diplomatique.

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Lors du déplacement, lundi, « des affaires individuelles sensibles seront également discutées, en particulier le cas de notre compatriote Christophe Gleizes, incarcéré en Algérie », a assuré le ministère. Gérald Darmanin a prévu d’en faire « le sujet majeur » de son déplacement, au même titre que la coopération judiciaire, a affirmé son entourage.

Délégation « inédite » de magistrats

Christophe Gleizes, condamné à sept ans de prison pour « apologie du terrorisme » et détenu depuis près d’un an en Algérie, a été arrêté dans le cadre d’un reportage en mai 2024 en Kabylie (nord-est de l’Algérie).

Le ministre français sera de manière « inédite » accompagné par une délégation de magistrats, dont la procureure nationale anticriminalité organisée (PNACO), Vanessa Perrée, ou encore le procureur national financier (PNF), Pascal Prache. Ces hauts magistrats doivent eux aussi rencontrer leurs homologues « pour renouer le contact et faire avancer les dossiers en cours », souligne-t-on au ministère de la justice français.

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Emmanuel Macron avait dit la semaine dernière espérer que la récente visite de la ministre déléguée aux armées marquerait « le début » d’une reprise des relations entre les deux pays, fustigeant les « postures de politique intérieure » des derniers mois qui ont, selon lui, « causé beaucoup de tort » aux deux pays.

« Les mabouls » qui veulent « se fâcher avec l’Algérie »

C’est d’ailleurs lors d’une rencontre entre Mme Rufo et le président algérien, Abdelmadjid Tebboune, qu’avait été acté le principe d’une visite d’un diplomate français à Christophe Gleizes, la première depuis son incarcération, qui a finalement eu lieu lundi. En outre, la ministre française déléguée aux armées et le président algérien ont récemment établi une feuille de route pour « intensifier » leur coopération – notamment dans les domaines sécuritaire et militaire.

« Je considère que mon devoir est de défendre les intérêts des Françaises et des Français », qui est que « nous retrouvions une relation apaisée, constructive, avec l’Algérie. Cette relation doit être respectueuse des deux côtés, mais elle doit permettre d’apporter des solutions sur tous les sujets », avait déclaré le président français lors d’une conférence de presse au Kenya.

M. Macron avait aussi lancé une pique le 27 avril aux partisans d’une ligne dure avec le pouvoir algérien, fustigeant « tous les mabouls » qui veulent « se fâcher avec l’Algérie ». Le patron des Républicains (LR) et ex-ministre, Bruno Retailleau, qui s’était senti visé, avait vertement répliqué. « Avec le régime d’Alger, la politique des bons sentiments est condamnée à l’échec et aucune douleur de l’histoire ne donne le droit à ses dirigeants d’humilier et d’insulter la France », avait notamment jugé le candidat à l’élection présidentielle.

Le Monde avec AFP

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