Le message du Parlement européen se voulait sans ambiguïté. Le 9 juillet, une résolution adoptée à une écrasante majorité (476 voix pour et 28 contre) appelait formellement l’Union européenne (UE) à « envisager d’inscrire les Forces de soutien rapide [FSR] sur la liste de l’UE en matière de terrorisme ». Les eurodéputés dénonçaient les « crimes de guerre et les crimes contre l’humanité commis au Soudan, en particulier le siège en cours d’El-Obeid par les FSR ». Pourtant, malgré cette invitation claire, les Etats membres refusent pour l’heure de franchir le pas.
Depuis le déclenchement de la guerre civile au Soudan, en avril 2023, la milice paramilitaire menée par le général Mohammed Hamdan Daglo, dit « Hemetti », multiplie les exactions. Les FSR font actuellement le siège de la capitale du Kordofan du Nord, où vivent un demi-million de Soudanais. La perspective d’un assaut sur la ville fait craindre un scénario comparable à celui d’El-Fasher, la capitale du Darfour du Nord, qui a basculé dans l’horreur à la fin du mois d’octobre 2025 : les massacres des paramilitaires y auraient fait des milliers, voire des dizaines de milliers de morts. Selon la Mission internationale indépendante d’établissement des faits sur le Soudan, mandatée par les Nations unies, ces tueries présentent les « signes distinctifs d’un génocide ».
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