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Haïti interdite aux Grenadiers, ouverte aux urnes : l’ivresse électorale de Fils-Aimé et de Jacques Desrosiers

Corpus retrouvé sur Rezo Nòdwès Les articles directement liés à l’impossibilité, pour les Grenadiers, de préparer ou de disputer leurs rencontres en Haïti convergent vers un même constat : La sélection nationale n’a pu effectuer en Haïti une tournée de présentation, un stage de pré

Haïti interdite aux Grenadiers, ouverte aux urnes : l’ivresse électorale de Fils-Aimé et de Jacques Desrosiers
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1 août 2026
Haïti interdite aux Grenadiers, ouverte aux urnes : l’ivresse électorale de Fils-Aimé et de Jacques Desrosiers
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Haïti interdite aux Grenadiers, ouverte aux urnes : l’ivresse électorale de Fils-Aimé et de Jacques Desrosiers

  • by Rezo Nodwes
  • 1 août 2026
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Corpus retrouvé sur Rezo Nòdwès

Les articles directement liés à l’impossibilité, pour les Grenadiers, de préparer ou de disputer leurs rencontres en Haïti convergent vers un même constat :

La sélection nationale n’a pu effectuer en Haïti une tournée de présentation, un stage de préparation ou une rencontre officielle avant le Mondial. Le sélectionneur Sébastien Migné a même conduit les Grenadiers à la qualification sans avoir jamais foulé le territoire qu’il représentait. Pourtant, Alix Didier Fils-Aimé et le Conseil électoral provisoire prétendent organiser, le 13 décembre, des élections générales et une consultation constitutionnelle sur l’ensemble d’un pays que le football international considère toujours comme impropre à l’accueil d’un match.

PORT-AU-PRINCE, samedi 1er août 2026 — Un stade concentre quelques dizaines de milliers de personnes, plusieurs centaines d’agents et un périmètre de sécurité identifiable. Une élection nationale mobilise, elle, des milliers de bureaux, des millions d’électeurs, des candidats, des observateurs, des véhicules, des urnes, des bulletins et des procès-verbaux circulant sur des routes dont plusieurs restent sous la domination de groupes armés. Haïti ne peut garantir quatre-vingt-dix minutes de football sur son propre territoire, mais son gouvernement affirme pouvoir administrer, le même jour, deux opérations politiques d’une ampleur nationale.

Le calendrier officiel du CEP fixe au 13 décembre 2026 le premier tour de l’élection présidentielle, les législatives et la « ratification populaire » des changements constitutionnels. Le Conseil reconnaît pourtant que son propre calendrier demeure subordonné à l’établissement d’un climat sécuritaire acceptable et à la disponibilité des ressources financières. La date apparaît ainsi moins comme l’aboutissement d’une capacité opérationnelle démontrée que comme une proclamation politique placée sous conditions suspensives.

La Commission de Venise avait pourtant employé une formulation dépourvue d’ambiguïté : « aucune élection ou référendum ne peut être envisagé ou organisé tant qu’un niveau de sécurité approprié n’est pas rétabli en Haïti ». Elle jugeait déjà le rythme institutionnel « étonnamment rapide » et estimait irréaliste l’établissement, à court terme, d’un niveau minimal de sécurité. En juin 2025, après avoir été directement saisie par le président du CEP, Patrick Saint-Hilaire, elle a renouvelé cet avertissement en constatant une nouvelle détérioration de la situation.

La Commission n’a pas écrit littéralement : « les élections et le référendum ne doivent pas se tenir le même jour ». Son architecture normative aboutit toutefois à cette conséquence. Elle recommande une mise en œuvre en trois étapes : avant le référendum, après le référendum mais avant les élections, puis après les élections. Plusieurs dispositions concernant les candidatures, les personnes déplacées, la représentation des femmes et des jeunes ainsi que l’accès des partis aux médias doivent, selon cet avis, être traitées entre la consultation constitutionnelle et les élections. Le couplage du 13 décembre supprime matériellement cette phase intermédiaire et inverse la séquence recommandée par l’organe consultatif que les autorités haïtiennes avaient elles-mêmes sollicité.

À cette incompatibilité procédurale s’ajoute l’article 284-3 de la Constitution de 1987, qui interdit formellement toute consultation populaire destinée à modifier la Constitution par référendum. Un décret adopté par un exécutif transitoire ne dispose pas d’une autorité normative supérieure à la Loi fondamentale. La substitution lexicale de « ratification populaire » à « référendum » ne modifie ni la nature de l’opération ni son objet constitutionnel. Fraus omnia corrumpit : la fraude à la norme ne saurait produire une légalité de circonstance.

Les Grenadiers ont donc porté Haïti sur les terrains du monde sans pouvoir rentrer présenter leur qualification au peuple haïtien. Ils ont joué leurs rencontres nationales à Curaçao, préparé le Mondial en Floride et au New Jersey, puis vu leurs prochains matchs déplacés en Jamaïque. Face à ce constat, une interrogation demeure : par quelle ingénierie sécuritaire Fils-Aimé et le CEP protégeront-ils, le 13 décembre, des milliers de centres électoraux qu’ils ne parviennent pas encore à sécuriser pour un seul match de football ?

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