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Hantavirus : une mission scientifique traque des rongeurs suspects à Ushuaia

Pendant plusieurs jours, des biologistes venus de Buenos Aires doivent poser des pièges en divers points de l’île australe, puis analyser si les rongeurs capturés sont porteurs de la souche des Andes, transmissible d’humain à humain.

Hantavirus : une mission scientifique traque des rongeurs suspects à Ushuaia
HaitiCreoleRadio.com

Une mission scientifique a entrepris lundi 18 mai en Terre de Feu, en Argentine, de capturer des rongeurs potentiellement vecteurs de hantavirus, une hypothèse que la province argentine rejette farouchement. Un foyer d’infection s’est déclaré à bord du navire de croisière Hondius (trois morts à ce jour), parti d’Ushuaia le 1er avril. Le « cas zéro », un Néerlandais, y avait séjourné quarante-huit heures avant d’embarquer.

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Pendant plusieurs jours, des biologistes venus de Buenos Aires doivent poser des pièges en divers points de l’île australe, puis analyser si les rongeurs capturés sont porteurs de la souche des Andes, transmissible d’humain à humain. A ce jour, ce virus est officiellement absent de Terre de Feu, au contraire de provinces andines bien plus au nord comme Rio Negro ou Chubut, à 1 500 kilomètres.

L’identité du rongeur présent en Terre de Feu est au centre d’un débat parmi les scientifiques locaux. Il s’agirait du raton colilargo, le rat pygmée de rizière à longue queue (Oligoryzomys longicaudatus), ou d’une sous-espèce, le rat pygmée de rizière dit « de Magellan » (Oligoryzomys magellanicus), en quelques points différent du premier. « Pour certains, il s’agit de la même espèce, pour d’autres d’une sous-espèce, mais l’important est d’analyser si l’un d’eux est infecté par un hantavirus », résume Juan Petrina, chargé des questions d’épidémiologie au niveau de la province.

Cages pièges

Depuis quinze jours, les autorités de Terre de Feu contestent les théories selon lesquelles le foyer de contamination qui s’est déclaré sur le Hondius a pris sa source sur leur territoire. La province, assurent-elles, n’a pas connu de cas d’infection à hantavirus depuis que sa notification est obligatoire, soit depuis trente ans.

Le rat pygmée à longue queue est un rongeur de 6 à 8 centimètres dont la queue peut atteindre 15 centimètres. Il vit dans des écosystèmes boisés, de buissons, nichant par exemple dans les cavités des troncs, a des habitudes nocturnes, un régime de fruits et de graines. C’est dans ces lieux que les scientifiques du Malbran, institut argentin de référence en infectiologie, vont déposer des cages pièges le soir et les relever le matin, pour capturer des rongeurs, ont expliqué à l’Agence France-Presse des sources sanitaires locales.

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Un endroit privilégié est le parc national de la Terre de Feu, 70 000 hectares de forêts, lacs et montagnes à 15 kilomètres d’Ushuaia. Une autre zone boisée, non loin d’une décharge à enfouissement, sera aussi ciblée, selon les mêmes sources.

Mais pas la décharge elle-même, même si des informations – non confirmées – avaient évoqué une visite sur place du cas zéro, passionné d’oiseaux, pour observer des charognards. D’où un hypothétique contact avec des rats. Cependant, capturer des rats dans la décharge elle-même n’aurait « pas de sens, [car] les rongeurs qui s’y trouvent sont des rongeurs urbains, pas susceptibles [d’être porteurs] de hantavirus », a souligné M. Petrina. Après analyse des rats, les résultats devraient être connus sous quatre semaines, a-t-il estimé.

Rassurer le tourisme

Les scientifiques locaux accueillent favorablement la mission, pour « évaluer avec plus de certitude la dangerosité potentielle des rongeurs » locaux, explique Guillermo DeFerrari, biologiste du Centre austral d’investigations scientifiques (Cadic). Pour son collègue Sebastian Poljak, expert en mammifères locaux, elle devrait permettre d’« éradiquer définitivement l’idée qu’il y a un hantavirus ici ».

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Il rappelle que la Terre de Feu est un archipel séparé du continent par « le détroit de Magellan, soit une grande barrière géographique pour les espèces. La population de rongeurs de Terre de Feu présente un degré d’isolement important par rapport aux autres ».

Aussi les scientifiques, sans pouvoir l’affirmer, penchent-ils pour le scénario d’une infection du cas zéro dans une autre région : le couple néerlandais avait sillonné l’Argentine quatre mois durant, avec des étapes au Chili – où les hantavirus sont aussi présents – et en Uruguay.

Les autorités locales, elles, espèrent que la mission du Malbran exclura pour de bon l’hypothèse d’une infection locale. Et rassure le tourisme : si en ce début d’hiver Ushuaia vit au ralenti, les croisières (septembre à avril), drainent jusqu’à 200 000 visiteurs par an. « On ne veut pas que [cette histoire] continue de prendre de l’ampleur » se désespérait vendredi Juan Manuel Pavlov, secrétaire de l’institut de tourisme de Terre de Feu.

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Le Monde avec AFP

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