Des fougères carbonisées à l’échelle du continent. Partout en Europe, les pollens virent au noir, à la toute fin du trias, il y a environ 200 millions d’années. Dans une étude publiée le 21 juillet dans la revue Nature Geoscience, une équipe internationale de chercheurs révèle qu’il s’agit là de la marque laissée par une succession d’immenses incendies qui ont frappé la Terre à cette époque.
Il faut dire que la période connaît un cataclysme majeur. La planète est en proie à une activité volcanique intense. De terribles éruptions rejettent du soufre, du mercure et des quantités astronomiques de CO2 réchauffant l’atmosphère de 3 °C à 4 °C, selon les estimations. Le climat, déjà plus chaud qu’aujourd’hui, s’emballe : des phases de pluies acides et d’érosion accrue alternent avec des moments de sécheresses et de feux désastreux. C’est l’une des cinq grandes extinctions de masse des temps géologiques, qui a favorisé la domination des dinosaures et des reptiles marins et volants.
La végétation aussi change drastiquement. Les conifères s’effondrent, pour le bonheur d’autres plantes. « C’est un paysage complètement dominé par les prêles et les fougères. Il n’y a pas grand-chose d’autre qui pousse. L’Europe est recouverte de ces prairies », décrit Bas van de Schootbrugge, professeur associé spécialiste des pollens anciens à l’université d’Utrecht (Pays-Bas), qui a dirigé ces recherches.
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