Enrichi par l’élevage de saumon, cet archipel danois pourrait se passer des aides financières de Copenhague. Sans faire de l’indépendance une priorité, les Féroïens réclament plus de pouvoir pour défendre leurs intérêts et trouver une place dans le monde, raconte “Politiken”, quotidien de Copenhague.
Quelque chose a changé aux îles Féroé. De nombreux fjords y abritent de grands enclos ronds. En s’approchant, on découvre que la surface de l’eau est souvent scintillante. Ce sont les beaux saumons argentés qui, en d’élégants mouvements acrobatiques, surgissent des vagues à l’intérieur de ces vastes enclos.
Au cours des dernières années, les îles Féroé se sont considérablement enrichies. À tel point que cette minuscule nation membre de “la Communauté du royaume” [Rigsfællesskabet, l’entité qui rassemble les territoires sous souveraineté danoise, à savoir le Danemark métropolitain, les îles Féroé et le Groenland] pourrait se débrouiller seule sur le plan financier si sa population le souhaitait. Cette prospérité économique provient en grande partie du saumon argenté.
Prenez, par exemple, le fjord à côté de l’aéroport. On y voit des enclos de filets qui descendent à 15 mètres sous l’eau. Ils appartiennent à Hiddenfjord, l’un des trois producteurs de saumon des Féroé. Un seul de ces enclos peut facilement contenir 100 000 saumons. Ce fjord a été choisi en raison de ses courants favorables, mais il est aussi d’une beauté fascinante, entouré de collines verdoyantes plongeant brutalement dans la mer.
Quand les saumons sont devenus grands, ils sont extraits des enclos, acheminés jusqu’
Accédez à l’intégralité de nos contenus sur le site et l’application en vous abonnant à l’offre spéciale.
Dès 2,99 €/mois
Sans engagement • Résiliable en ligneEt si cet article n’était que le début ?
2,99 € par mois
En tant qu’abonné, accédez à l’intégralité des contenus de Courrier international.
Fondé en 1884, Politiken est aujourd’hui un journal de centre gauche qui se donne encore l’image d’un certain “radicalisme culturel”. Son slogan est “Le journal vivant”, mais ce pourrait être “Le journal clivant”. Soit on adore Politiken, soit on adore le détester. Ce quotidien social-libéral compte de magnifiques plumes, dont plusieurs sont célèbres pour leur humour. Les lecteurs, qui appartiennent à la classe moyenne supérieure et habitent pour la plupart à Copenhague, l’apprécient aussi parce qu’il couvre tous les types de cultures – du hip-hop à l’architecture. Mais ils aiment surtout Politiken pour la même raison que d’autres le détestent : son côté militant, qui, pour certains, va jusqu’à la provocation. Par exemple, le journal ne se gêne pas, si l’histoire l’exige, pour montrer des gens nus – et souvent pas très beaux.
En 2010, Politiken s’est excusé auprès de huit organisations musulmanes pour avoir publié, comme son concurrent Jyllands-Posten, des caricatures du prophète Mahomet. Cette démarche a été fortement critiquée par l’ensemble du monde médiatique et politique du royaume, qui estimait qu’il ne fallait pas renoncer à la liberté de l’expression. Mais ce genre de critique n’a jamais dérangé Politiken, qui continue son action militante.
À Nuuk, l’indépendance du Groenland divise et l’inquiétude grandit
Commentaires (0)
Laisser un commentaire
Aucun commentaire. Soyez le premier !