“Il figure déjà parmi ’les plus importants’ incendies répertoriés en France depuis la Seconde Guerre mondiale”, résume La Libre Belgique. Le feu qui ravage le sud-ouest de la France a continué sa course folle dimanche 27 juillet : il ne se trouve désormais plus “qu’à 15 kilomètres de la métropole bordelaise”, souligne le quotidien belge, même si, selon le maire de la ville Thomas Cazenave, une évacuation n’est pour l’instant “pas à l’ordre du jour”. Tentant de “rassurer la population face aux rumeurs”, il a “insisté sur le fait que l’incendie progressait désormais depuis le sud, et non depuis l’ouest”, précise La Vanguardia.
Évoquant la situation aux abords de Bordeaux, le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, l’a qualifiée de “très défavorable”, observe la Frankfurter Zeitung.
En Gironde, 42 000 hectares ont déjà brûlé, “soit environ la superficie de la ville de Cologne”, note la Süddeutsche Zeitung. La préfecture a ordonné l’évacuation préventive de 55 000 personnes supplémentaires dans la nuit de dimanche à lundi, dans plusieurs communes à l’ouest et au sud-ouest de Bordeaux. Au total, plus de 220 000 personnes ont été mises en sécurité dans la région. Environ 240 habitations ont déjà été détruites.
La situation est d’autant plus préoccupante qu’une “nouvelle vague de chaleur est attendue”, note la BBC. Celle-ci devrait “compliquer les efforts des pompiers pour maîtriser le brasier”.
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Je m’abonneL’Élysée a fait savoir dimanche soir que le chef de l’État Emmanuel Macron présiderait lundi à 10 h 00 une “cellule interministérielle de crise” au ministère de l’Intérieur consacrée aux incendies en France, avant d’autres réunions sur les secteurs économiques touchés.
Le ministère des Armées a de son côté “ordonné un dispositif de protection renforcé pour certaines installations considérées à haut risque, plusieurs entreprises aérospatiales et de défense étant implantées au cœur des pinèdes”, rappelle El País. Les pompiers bataillent ferme pour protéger des sites industriels sensibles (poudrerie, usine de missiles, centres de recherche, fermes photovoltaïques) dans la région bordelaise.
À Bordeaux, “on ne peut plus respirer”
Même si la ville de Bordeaux n’est “pas encore en danger immédiat”, “l’odeur âcre de la fumée l’a désormais atteinte” obscurcissant “certaines parties des départements de la Gironde et des Landes”, rapporte la Süddeutsche Zeitung.
“L’odeur est insupportable, on ne peut plus respirer”, confie Ira Szmuk, une habitante du centre de Bordeaux, au quotidien britannique The Independent. “L’après-midi et le soir, le vent pousse toute la fumée vers la ville, si bien que nous ne pouvons plus sortir. Nous faisons tout ce que nous avons à faire le matin, puis nous nous enfermons chez nous.” Les autorités ont d’ailleurs mis en garde la population contre la présence de substances nocives telles que les particules fines, le monoxyde de carbone et les métaux lourds.
“Ces incendies (...) nous bouleversent parce qu’ils touchent à ce que nous pensions immuable : notre maison, le paysage de notre enfance et cette certitude de pouvoir rester là où nous avons choisi de vivre”, a réagi dimanche La Libre Belgique dans un éditorial intitulé “L’Enfer”. “Jusqu’à peu, l’expression ’réfugiés climatiques’ évoquait des populations lointaines, chassées par la montée des eaux, la sécheresse ou la désertification. En Europe aussi, notre environnement peut devenir, en quelques heures, inhabitable. Nous sommes, nous aussi, des réfugiés climatiques potentiels”, observe le quotidien belge. Le changement climatique n’est plus une courbe ou une échéance pour 2050. […] Il est déjà entré dans nos maisons.”
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