L’armée israélienne a détruit, jeudi 10 septembre, des infrastructures souterraines du mouvement chiite libanais Hezbollah se trouvant sous la colline d’Ali-Taher, dans le sud du Liban, ont annoncé le premier ministre, Benyamin Nétanyahou, et le ministre de la défense, Israel Katz.
Des correspondants de l’Agence France-Presse (AFP) ont entendu d’énormes explosions, jeudi soir, dans la zone concernée. Un correspondant a ressenti des secousses avant d’entendre une forte détonation, et un autre a rapporté que des ondes de choc ont atteint la ville méridionale de Saïda, située à une quarantaine de kilomètres de la capitale.
Selon le communiqué conjoint de MM. Nétanyahou et Katz, cette opération devait permettre d’achever « l’établissement de la zone de sécurité » dans le sud du pays. « Il s’agit d’une infrastructure terroriste stratégique construite pendant deux décennies, avec un financement et une planification iraniens », ajoutent-ils.
L’armée israélienne avait annoncé la semaine passée la prise de cette crête, située au nord du fleuve Litani, et qui se trouve à la lisière de la zone occupée par Israël dans le sud du Liban. Israël affirme que le Hezbollah avait creusé des tunnels dans ce secteur lui permettant de lancer des drones et des missiles contre les positions militaires israéliennes dans le sud du Liban, ainsi que sur le nord d’Israël, de l’autre côté de la frontière.
« Des salles de stockage d’armes »
Le démantèlement des tunnels constituait une nouvelle étape dans une opération « de longue haleine », a fait savoir un responsable militaire israélien au Monde. La zone comprend un réseau de huit galeries souterraines, « d’une longueur cumulée de plus de 5 400 mètres », a-t-il expliqué.
L’armée israélienne a d’abord pris le contrôle opérationnel de la colline « en étant à la surface », avant de s’occuper du « sous-sol ». L’opération visait « à neutraliser la capacité à planifier et à mener des attentats terroristes contre des civils israéliens et des soldats à partir de ces infrastructures souterraines », a justifié l’armée.
« Un complexe de commandement central appartenant à l’unité Badr du Hezbollah se trouvait au sein de ces infrastructures souterraines, comprenant (…) des salles de stockage d’armes et des quartiers d’habitation permettant aux terroristes de gérer les opérations de combat et de rester sous terre pendant de longues périodes », a précisé l’armée dans un communiqué.
L’armée israélienne dit avoir découvert différents types d’armes, « dont des dizaines de drones explosifs, de drones de combat, de mitrailleuses et de missiles antichars, des centaines de mines, de roquettes RPG, d’engins explosifs et d’autres équipements militaires ».
Le Hezbollah a entraîné en mars le Liban dans la guerre régionale en solidarité avec l’Iran, mais les violences ont baissé d’intensité depuis l’entente entre l’Iran et les Etats-Unis en juin, parallèlement à un accord entre le Liban et Israël.
Pendant les négociations entre le Liban et Israël, les Etats-Unis, parrains des pourparlers, ont proposé que l’armée libanaise prenne le contrôle de la crête d’Ali-Taher, mais le Hezbollah a refusé, a fait savoir à l’AFP une source proche des participants.