A qui ont bien pu appartenir ces documents, notes personnelles, traitant de mathématiques, de physique, mais aussi de philosophie, d’histoire de la Révolution française, ou encore de marxisme, retrouvés dans des cartons dans les années 1990 ? Certains de ces papiers ont très certainement suivi leur propriétaire dans sa brève période de clandestinité dans Paris occupé. Plus précisément, entre le début de 1941 et le 23 mai 1942, date à laquelle Jacques Solomon est fusillé au mont Valérien, à Suresnes, comme résistant, en représailles d’un tir contre un conseiller militaire allemand. Sa femme, Hélène, fille du physicien Paul Langevin (1872-1946), est déportée à Auschwitz en 1942 ; elle décède en 1995. Sa mère, juive, meurt au camp de Sobibor.
Ce destin tragique d’une figure de la physique tout autant que du communisme ou de la résistance au nazisme est raconté par l’historienne des sciences Martha Cecilia Bustamante de la Ossa à partir de ces documents retrouvés et de bien d’autres archives.
Jacques Solomon est arrêté pour ses actions de propagande au nom du parti communiste, qu’il a rejoint en 1934, et pour la diffusion d’une revue qu’il a cofondée en 1941, L’Université libre. Son intention, avec le philosophe Georges Politzer, fusillé le même jour que lui, est de « réveiller les esprits ». Il avait également cocréé, en 1939, une autre revue, assez vite interdite, La Pensée, soutenue par le Parti communiste français, avec l’ambition d’alerter sur les dangers du fascisme et de dénoncer les accords de Munich.
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