[Initialement publié en août 2019, cet article a été republié le 31 juillet 2026.]
“En France, où les longues vacances d’été sont une religion, il y a deux sectes”, informe The Wall Street Journal. D’un côté, “les traditionalistes, appelés aoûtiens”, qui prennent des vacances au mois d’août. De l’autre, les juillettistes, “qui partent en juillet, avant que le pays n’entre en catatonie”.
“Ils se croisent chaque été pendant une brève période, décrit le quotidien américain. Les juillettistes reviennent peu à peu au bureau, bronzés et bien reposés, pendant que leurs collègues s’apprêtent à affronter les embouteillages estivaux.”
En 2018, ce “chassé-croisé*”, “qui tire son nom d’un pas de danse où les partenaires se passent l’un devant l’autre”, a généré plus de 700 kilomètres de bouchons. Et en 2019, le premier week-end d’août était classé “noir” – le niveau le plus élevé – par Bison futé. Cet organisme, rappelle le journal, a été créé en 1976 “pour prévoir les points de blocage des vacances après les 600 kilomètres de bouchons* provoqués par le chassé-croisé* de 1975”. Ce qui avait déclenché “un scandale public”, précise le WSJ.
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Je m’abonneLes vacances, un rite
Pour expliquer cette effervescence française aux allures de fourmilière, The Wall Street Journal admet que “rares sont les pays à prendre les vacances aussi au sérieux et à en avoir davantage”. En effet, avec 5 semaines de congés payés et 11 jours fériés, sans compter les jours de récup, les Français arrivent à la 6e place des pays possédant le plus de jours de repos.
Et cela date de 1936, rappelle encore le journal new-yorkais. C’est lors de cette année que le droit aux congés payés a été octroyé après des grèves massives et des occupations d’usines. Dès lors, “les usines ont commencé à fermer en août et engendré ainsi une génération d’ouvriers en vacances qui se sont précipités à la mer”, poursuit le média, qui a interrogé un sociologue. “Les riches et les professions qui n’étaient pas liées à l’industrie partaient un peu plus tôt, à la montagne ou à l’étranger.”
Chardonnay et merlot
Et si, d’après un autre expert interrogé, “les différences entre les classes se sont atténuées”, “la distinction entre juillettistes et aoûtiens est désormais aussi gravée dans le vocabulaire français que celle entre le chardonnay et le merlot”. Toujours selon le quotidien américain, “les juillettistes se considèrent comme des esprits libres et préfèrent des destinations exotiques, Bangkok par exemple. Ils reviennent travail au début du mois d’août, lorsque la plupart des bureaux sont vides ce qui, d’après les aoûtiens, leur permet de glander encore un mois.”
A contrario, “les aoûtiens se disent pour leur part plus en phase avec le rythme de la vie française”. Pour cette catégorie de vacanciers, travailler en août serait trop sinistre. De fait “le Français moyen est par nature un aoûtien”. En témoignent les chiffres de l’Insee, cités par le journal : “En 2010, la moitié des salariés employés en France a pris ses vacances les trois premières semaines d’août, contre un quart les trois dernières semaines de juillet.” Voilà qui en dit plus sur le profil des vacanciers français.
* En français dans le texte.
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