Seize élèves ont péri, et 79 ont été blessées, dans l’incendie en pleine nuit d’un dortoir dans un pensionnat de filles à Gilgil, à 120 kilomètres au nord-ouest de Nairobi, au Kenya, a annoncé jeudi 28 mai le gouvernement. Au Kenya, beaucoup d’élèves sont en pension, c’est un héritage de l’époque des missionnaires et de la colonisation britannique.
La ville de Gilgil abrite une importante garnison de l’armée kényane. Le feu s’est déclaré à 00 h 45 jeudi (23 h 45 mercredi, heure de Paris), au second niveau d’un dortoir de l’école de filles Utumishi, a déclaré à la presse Julius Ogamba, le ministre de l’éducation kényan. Selon lui, 808 élèves étaient hébergées dans les locaux de l’établissement au moment de l’incendie. Il n’a pas précisé combien d’élèves dormaient dans le dortoir touché. L’incendie a été éteint à 3 heures ; parmi les 79 blessés, 8 sont toujours hospitalisées, a-t-il précisé, sans révéler la tranche d’âge des victimes.
« L’enquête est en cours, mais les causes de l’incendie n’ont pas été encore identifiées », a-t-il ajouté. L’enquête dira si l’école respectait les normes de sécurité, a-t-il dit, en appelant à éviter toute « spéculation ». Le chef des services d’enquête criminelle, Mohammed Amin, supervise à Gilgil « l’enquête préliminaire sur les causes de l’incendie », a déclaré la police kényane sur X.
Selon le ministre de l’intérieur kényan, Kipchumba Murkomen, également sur les lieux, « la plupart des élèves de cette école sont des enfants d’agents de la police nationale ». « Nous savons que c’est un moment de forte anxiété », mais « je demande à tous d’être patients » et d’« éviter de spéculer sur les cause de cette tragédie – cela s’est passé très vite », a exhorté le ministre de l’intérieur. Un numéro de téléphone a été mis en place pour permettre aux parents d’obtenir des informations, ont annoncé les autorités.
Mesures de sécurité renforcées dans les écoles
Le Kenya a déjà connu de nombreux incendies meurtriers dans les dortoirs de ses établissements scolaires : plus d’une douzaine ont été recensés depuis 2024. Ces drames sont causés tantôt par la vétusté des installations, tantôt par les élèves eux-mêmes. En 2016, 117 incendies volontaires avaient touché des établissements d’enseignement secondaire en à peine trois mois, le nombre le plus important d’incendies recensés.
Le ministre de l’éducation a affirmé jeudi à Gilgil que ses services avaient fait fermer depuis 2024 environ 350 établissements pour non-respect des normes de sécurité. « Nous continuerons les inspections pour faire en sorte que nos écoles répondent aux normes de sécurité » en vigueur, a-t-il assuré.