Cette émission [1] Planisphère, Pourquoi une crise inédite dans l’OTAN ? Avec A. Zima, sur RCF Notre Dame
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Synthèse de cette émission, Planisphère, Pourquoi une crise inédite dans l’OTAN ? Avec Amélie Zima. Rédigée par Emilie Bourgoin pour Diploweb.com. Revue et validée par A. Zima
DANS cet entretien, Amélie Zima analyse la crise profonde que traverse actuellement l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN). Si l’Alliance a déjà connu de très fortes tensions depuis sa création en 1949, la situation actuelle apparaît inédite en raison du rôle joué par les États-Unis eux-mêmes, pourtant pilier historique de l’organisation. À travers une réflexion sur les relations transatlantiques, la dépendance stratégique européenne, la dissuasion nucléaire et les évolutions géopolitiques récentes, Amélie Zima montre que cette crise remet en question non seulement le fonctionnement de l’OTAN, mais aussi l’équilibre sécuritaire européen dans son ensemble.
Une crise sans précédent provoquée par les États-Unis
Selon Amélie Zima, la crise actuelle est inédite parce qu’elle provient directement du membre le plus puissant de l’Alliance : les États-Unis. Sous l’influence de Donald Trump et des réseaux politiques qui l’entourent, Washington remet en cause plusieurs principes fondamentaux inscrits dans le traité de Washington de 1949 [2], notamment le règlement pacifique des différends, le respect de la souveraineté des États et l’inviolabilité des frontières. Les tensions autour du Groenland ou les discours et les actions visant le Canada illustrent cette remise en question de principes considérés jusqu’ici comme intangibles dans l’espace transatlantique.
La crise ne porte donc plus uniquement sur le partage du fardeau militaire ou les dépenses de défense, mais sur la confiance politique au sein de l’Alliance.
Cette situation fragilise profondément l’identité même de l’OTAN, traditionnellement définie comme une « communauté de sécurité », c’est-à-dire un ensemble d’États entre lesquels le recours à la coercition ou à la force est exclu. Désormais, certains Européens envisagent même des mécanismes de protection face aux États-Unis eux-mêmes, notamment via l’article 42.7 du traité de Lisbonne sur la défense collective européenne. La crise ne porte donc plus uniquement sur le partage du fardeau militaire ou les dépenses de défense, mais sur la confiance politique au sein de l’Alliance.
Les résistances américaines face à la politique de Trump
Amélie Zima souligne toutefois que les positions de Donald Trump ne font pas l’unanimité aux États-Unis. Plusieurs membres du Congrès, d’anciens ambassadeurs américains auprès de l’OTAN ainsi que d’anciens commandants suprêmes alliés critiquent cette politique. Selon eux, affaiblir l’OTAN revient aussi à affaiblir les États-Unis eux-mêmes.
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