Depuis 2020 et l’essor du télétravail, les médias internationaux publient des témoignages de personnes, généralement occidentales, parties travailler à distance à l’autre bout du monde avec pour (presque) seul bagage leur ordinateur. Très mobiles, changeant parfois de pays plusieurs fois par an, échappant souvent à l’impôt, on les appelle “nomades numériques”. S’ils incarnent un des visages de la modernité, il semble que leur mode de vie n’ait plus autant la cote qu’il y a quelques années. C’est ce qu’explique le magazine britannique TNT, qui titre à sa une “L’ère du nomade numérique sans contraintes est révolue” :

“La zone grise du travail indépendant, où l’on travaillait depuis Lisbonne avec un visa touristique en toute impunité, est désormais révolue.”

En effet, sur la soixantaine de pays qui ont mis en place des visas spéciaux pour attirer cette catégorie de personnes, nombreux sont ceux qui ont revu leurs règles pour les rendre plus contraignantes, notamment sur le plan fiscal. “Le choix se résume désormais à opter pour la bonne solution avec un conseiller fiscal et un comptable ou à choisir la méthode traditionnelle en espérant passer inaperçu. Les gouvernements, eux, l’ont remarqué. Les documents existent. Les avis d’imposition suivront…” prévient TNT.

À lire aussi : Témoignages. Nomades numériques : le revers du rêve moderne

La Thaïlande est l’une des destinations particulièrement prisées des nomades numériques. À rebours du durcissement des conditions de leur accueil, elle vient de se doter d’un nouveau type de visa : le Destination Thailand Visa (DTV). Il est valable pour cent quatre-vingts jours d’affilée et est renouvelable sur une période de cinq ans, contre généralement un à deux ans ailleurs. L’édition Asie du magazine Travel + Leisure précise qu’il est “destiné à attirer les télétravailleurs, les indépendants, les nomades numériques et les voyageurs en quête de bien-être”. Seule condition : travailler pour un employeur établi hors de Thaïlande. Le site indien Firstpost souligne que “la Thaïlande propose également ce DTV pour favoriser les activités liées au soft power – des programmes mettant en avant la culture, le bien-être et l’art de vivre. Cela inclut des cours de boxe et de cuisine thaïlandaises, des retraites bien-être ou des formations de longue durée”.

À lire aussi : Télétravail. Travailler de n’importe où, c’est (presque) fini

Le Sri Lanka vient aussi de se doter d’un visa spécial, valable un an et soumis, comme c’est le cas la plupart du temps, à un seuil minimum de revenus. Il est tentant, dans ces conditions, de s’installer, ordi portable sur les genoux et pieds dans le sable, dans la perle de l’océan Indien. Attention tout de même, met en garde le site EuroNews : “Il convient de noter que le débit Internet dans le pays laisse à désirer. Selon l’indice Speedtest Global, le Sri Lanka se classe au 131e rang mondial pour le haut débit fixe.”

À lire aussi : Télétravail. Nomades numériques : les nouvelles destinations

Entre les questions fiscales et la logistique, l’aventure du nomadisme numérique se révélera peut-être moins désinvolte et plus contraignante qu’elle ne le paraissait auparavant.