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Géopolitique

L’Allemagne expulse vingt-trois Afghans en vertu de nouvelles négociations avec les talibans

Le gouvernement allemand conservateur ne reconnaît pas officiellement les talibans, revenus au pouvoir à Kaboul il y a cinq ans, mais il a convenu avec eux de l’organisation de vols d’expulsion de migrants qui n’ont pas tous été condamnés pour une infraction pénale.

L’Allemagne expulse vingt-trois Afghans en vertu de nouvelles négociations avec les talibans
HaitiCreoleRadio.com

L’Allemagne a expulsé, mardi 25 août, vingt-trois Afghans faisant l’objet d’une obligation de quitter le territoire vers leur pays d’origine. C’est la deuxième fois qu’un tel vol charter, transportant des ressortissants qui n’ont pas tous été condamnés pour une infraction pénale, part d’Allemagne, a annoncé le gouvernement.

Après avoir accueilli un grand nombre de réfugiés et demandeurs d’asile ces dernières années, l’Allemagne a durci sa politique migratoire sous l’impulsion du chancelier, le conservateur Friedrich Merz, avec davantage de contrôles aux frontières et d’expulsions.

Concernant l’Afghanistan, Berlin avait jusqu’à présent privilégié le renvoi des personnes condamnées pour des infractions pénales. En juillet, cependant, l’Allemagne a expulsé pour la première fois un Afghan sans casier judiciaire dont la demande d’asile avait été rejetée.

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Le gouvernement allemand ne reconnaît pas officiellement les talibans, revenus au pouvoir à Kaboul il y a cinq ans, le 15 août 2021, il a néanmoins négocié avec eux l’organisation de ces vols d’expulsion. Le 23 juin 2026, de hauts responsables talibans ont même été invités à Bruxelles pour une négociation avec une quinzaine de pays de l’Union européenne (UE).

« Arrêtez les déportations »

Consacrée à la question du renvoi d’Afghans dont la demande d’asile a été rejetée, cette rencontre montrait que le risque migratoire constituait un autre motif justifiant d’ouvrir la porte aux mollahs talibans. C’est forte du fruit de cette négociation que l’Allemagne a expulsé, en juillet, un premier exilé afghan vers son pays.

Des vidéos publiées par le quotidien Bild montrent le groupe embarquant à l’aéroport de Leipzig avant l’aube, tandis qu’environ soixante-dix manifestants présents dans le terminal brandissent une banderole portant le slogan « Stop Deportations, Refugees Welcome » (« Arrêtez les déportations, bienvenue aux réfugiés »).

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Le ministre de l’intérieur, Alexander Dobrindt, a affirmé, mardi, sur X, que « la plupart de ces hommes avaient été condamnés pour des infractions graves, dont des agressions sexuelles et des violences volontaires ». Le ministère n’a pas détaillé la situation judiciaire des vingt-trois personnes expulsées, mais l’un de ses porte-paroles a fait savoir à l’Agence France-Presse qu’elles avaient toutes « eu affaire à la justice pénale en Allemagne ».

Un recul des conservateurs dans les sondages

Depuis le début de la législature à la mi-2025, 228 ressortissants afghans de sexe masculin ont ainsi été renvoyés d’Allemagne vers l’Afghanistan, a-t-il précisé.

Le ministre a déclaré à Bild que « ceux qui n’ont pas le droit de séjourner en Allemagne doivent s’attendre à devoir quitter le pays », assurant que le gouvernement poursuivrait cette politique « avec constance ».

Arrivé au pouvoir l’an dernier, Friedrich Merz espérait qu’un durcissement de la politique migratoire permettrait à son alliance conservatrice, CDU/CSU, d’endiguer la progression de l’extrême droite. Depuis lors, les conservateurs ont toutefois encore reculé dans les sondages, largement devancés désormais par l’Alternative pour l’Allemagne, l’AfD.

Les organisations de défense des droits humains critiquent vivement les expulsions vers l’Afghanistan, où les talibans appliquent une interprétation rigoriste de la loi islamique, les filles étant privées d’accès à l’enseignement au-delà de 12 ans et de nombreuses restrictions visant spécifiquement les femmes.

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Le Monde avec AFP

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