L’Allemagne a lancé le processus de cession de sa participation dans la multinationale énergétique Uniper, qu’elle avait sauvée en 2022 de la crise liée à la guerre en Ukraine à coups de milliards d’euros, a annoncé, mardi 19 mai, le ministère des finances à l’Agence France-Presse.
Selon une porte-parole, le gouvernement souhaite ramener sa participation dans l’entreprise de 99 % à 25 % plus une action, afin de conserver « la minorité de blocage nécessaire », confirmant les informations révélées plus tôt par le quotidien allemand Süddeutsche Zeitung.
L’Etat a publié mardi matin, dans l’édition imprimée du Financial Times, un avis de vente « visant à déterminer l’intérêt des acquéreurs potentiels », qui « ne préjuge ni de la réalisation ni du calendrier d’une éventuelle transaction », d’après la même source.
Capitalisation à 18 milliards d’euros
Après l’invasion russe de l’Ukraine début 2022, Uniper, l’un des premiers négociants de gaz en Allemagne, avait été frappé de plein fouet par la réduction puis la fin totale des livraisons de gaz russe via le gazoduc Nord Stream. Réalisant alors des pertes abyssales, le groupe de Düsseldorf avait été sauvé par le gouvernement allemand qui l’avait nationalisé et avait injecté 13,5 milliards d’euros de capitaux.
Ces aides avaient été approuvées par la Commission européenne sous de nombreuses conditions, dont celle pour l’Etat allemand de réduire sa participation dans Uniper à un maximum de 25 % plus une action d’ici à 2028 au plus tard. Cela permet à l’Allemagne de conserver une participation pour encore peser sur les décisions stratégiques importantes en matière de politique énergétique et d’approvisionnement en gaz.
La capitalisation boursière d’Uniper s’élève actuellement à environ 18 milliards d’euros, d’après la Süddeutsche Zeitung. Ce chiffre est « à considérer avec prudence » au vu du très faible nombre de titres échangés, selon le quotidien allemand.