« Nous menons des opérations à grande échelle visant les effectifs et les capacités » des houthistes au Yémen, a annoncé, samedi 10 octobre, sur X, le porte-parole de la coalition dirigée par l’Arabie saoudite, Turki Al-Maliki. Il a précisé que « 136 ciblesmilitaires » houthistes avaient été détruites.
La coalition « s’emploie à démanteler et détruire le réseau de missiles balistiques » des houthistes et « fournit un appui aérien vingt-quatre heures par jour aux forces armées du Yémen », a-t-il ajouté.
La chaîne Al-Massirah, affiliée aux houthistes, a fait état « d’attaques de missile saoudiennes » dans la province de Saada, dans le nord-ouest du Yémen.
Les hostilités entre les combattants pro-iraniens et l’Arabie saoudite, qui soutient le gouvernement yéménite, se sont intensifiées en septembre après la prise par les houthistes du littoral bordant la mer Rouge à l’issue d’une offensive éclair.
Au total cette semaine, six personnes ont été tuées dans des frappes revendiquées par les houthistes contre des aéroports saoudiens. La compagnie nationale Saudia Airlines a notamment annoncé qu’un de ses pilotes avait été tué et un de ses avions endommagé.
Une opération des forces gouvernementales
Les attaques à Riyad ont contraint les diplomates en poste à se mettre en lieu sûr, et les écoles internationales à prendre des mesures de sécurité, alors que des explosions résonnaient dans la ville, jeudi.
Parallèlement aux frappes en Arabie saoudite, les combats se poursuivent au Yémen, avec plus de 400 morts depuis le lancement, lundi, de l’opération « Aube du Yémen » par les forces gouvernementales, avec l’appui des avions de combat de Riyad.
La chaîne Almasirah liée aux houthistes a aussi fait état, vendredi, de nouvelles frappes saoudiennes sur Sanaa, peu après une manifestation de soutien au mouvement ayant rassemblé, selon elle, des dizaines de milliers de personnes au centre de la capitale. Les raids ont visé des positions militaires éloignées des quartiers résidentiels, selon un correspondant de l’Agence France-Presse.
Dans la soirée, Almasirah a annoncé que des frappes saoudiennes sur l’aéroport de Sanaa avaient tué deux employés. Les médias houthistes avaient également rapporté des frappes dans la nuit, visant notamment deux usines dans la capitale, ainsi que dans le gouvernorat de Saada, fief du mouvement.
Les affirmations des belligérants sont impossibles à vérifier de manière indépendante, la situation évoluant rapidement et l’accès des journalistes étant difficile.
Tentative de reprise du détroit de Bab Al-Mandab
Avant l’annonce de l’attaque de la coalition, une source militaire du camp gouvernemental avait affirmé, qu’une « vaste opération » était en cours, vendredi, pour reprendre , reliant l’Asie à l’Europe via le canal de Suez, aux combattants pro-iraniens.
Les hostilités entre les houthistes, qui contrôlent Sanaa et de vastes pans du pays depuis plus d’une décennie, et le gouvernement ont repris en juillet après des années d’accalmie. Depuis, les combattants pro-iraniens bombardent régulièrement des installations pétrolières du royaume saoudien, premier exportateur mondial de brut, et ont appelé, jeudi, le personnel de ces sites à partir. Ils ont également de nouveau exhorté les compagnies aériennes à éviter le ciel saoudien.
Les hostilités ont fait plus de 200 000 déplacés au Yémen, le pays le plus pauvre de la péninsule arabique, selon l’Organisation internationale des migrations (OIM).
Riyad et ses alliés ont réclamé à plusieurs reprises un soutien international ces dernières semaines, notamment des Etats-Unis, sans succès jusqu’ici. Le Pakistan, avec qui l’Arabie saoudite a signé en août un pacte de défense rejoint aussi par la Turquie, a affirmé vendredi disposer d’un « nombre substantiel » de forces armées déployées dans le royaume dans une optique défensive.