La coalition militaire menée par l’Arabie saoudite au Yémen a annoncé, jeudi 24 septembre, avoir intercepté six missiles balistiques tirés du Yémen voisin par les houthistes. Le gouvernement saoudien avait émis, dans la matinée, des alertes « signalant un danger potentiel » dans plusieurs régions du royaume, notamment La Mecque et les régions de Taëf, de Djedda, de Tabouk et Yanbou, sur la mer Rouge. Elles ont été rapidement levées.
« Les escalades et violations de la milice terroriste houthiste feront l’objet d’une réponse ferme », a averti un porte-parole de la coalition saoudienne. Les rebelles houtistes n’ont pas revendiqué ces attaques dans l’immédiat.
Ils ont attaqué plusieurs cibles en Arabie saoudite ces dernières semaines, dont la capitale Ryad au cours du week-end, disant riposter à des frappes aériennes contre leurs positions au Yémen. Les Saoudiens les ont accusés d’avoir visé La Mecque, ville sainte de l’Islam, avec un drone, ce que les houtistes ont rapidement démenti.
Le détroit de Bab Al-Mandab, une « ligne rouge »
La milice militaire yéménite, qui contrôlait déjà une grande partie du pays, s’est emparée récemment du littoral sur la mer Rouge, consolidant son contrôle sur le détroit stratégique de Bab Al-Mandab, qui relie l’Europe à l’Asie via la mer Rouge et le canal de Suez.
Jusqu’ici, et malgré des demandes répétées de la part du prince héritier d’Arabie saoudite, Mohammed Ben Salman, les Etats-Unis ont refusé de s’impliquer dans cette autre guerre.
Dans un entretien à l’AFP, Abed Mohammed Al-Thawra, conseiller militaire du mouvement pro-iranien, a déclaré que les houthistes n’hésiteraient pas à s’attaquer à des cibles américaines si cela devenait le cas. Si les Etats-Unis « osaient soutenir l’Arabie saoudite par des frappes aériennes ou un appui aérien (…) nous considérerions tous les intérêts américains autour de nous comme des cibles », a-t-il menacé, avant de préciser que la « ligne rouge » serait, pour eux, une intervention militaire américaine dans le détroit de Bab Al-Mandab.