La possibilité que l’administration Trump interdise les exportations de diesel pour tenter de contenir la hausse féroce des prix du carburant aux Etats-Unis, évoquée dans la presse cette semaine, est très mal perçue à Bruxelles.
« Nous attendons de partenaires proches qu’ils se consultent mutuellement avant d’adopter des mesures susceptibles d’affecter des marchés qu’ils partagent », a mis en garde, jeudi 24 septembre, Olof Gill, porte-parole de la Commission européenne, ajoutant que « des contacts de haut niveau entre l’Union européenne et l’administration américaine sont en cours », à ce sujet.
Une coupure du diesel américain, catastrophe pour l’économie de l’UE
Le site d’information Politico a rapporté, mercredi, que la Maison Blanche étudiait la possibilité d’interdire les exportations de diesel pour une période de quatre-vingt-dix jours, en espérant que l’augmentation des stocks fasse retomber les prix. Aux Etats-Unis, le diesel a atteint un prix record de 6,50 dollars par gallon en moyenne, soit 1 dollar de plus qu’il y a un mois.
L’information a beau avoir été publiquement démentie par le secrétaire américain à l’énergie, Chris Wright, plusieurs responsables politiques républicains ont publiquement défendu cette mesure. A quelques semaines d’élections de mi-mandat qui s’annoncent difficiles pour le camp présidentiel, la décision pourrait rapporter des voix du côté des transporteurs routiers et des agriculteurs.
Une coupure des approvisionnements en provenance des Etats-Unis serait, en revanche, une catastrophe pour l’économie de l’UE, elle-même confrontée à des prix records, avec une moyenne de 2,23 euros le litre de diesel contre 2,16 euros une semaine plus tôt. Avec les perturbations provoquées par la guerre au Moyen-Orient, la fermeture du détroit d’Ormuz et le futur incertain de celui de Bab Al-Mandab, le diesel américain représente désormais 50 % du diesel importé par les pays de l’UE au mois d’août, selon la Commission.