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L’Australie poursuit Telegram en justice pour manquement à ses obligations de retrait de contenus terroristes

Le régulateur australien de l’Internet reproche à la plateforme de ne pas avoir supprimé à temps des vidéos violentes, dont certaines liées aux attentats de Christchurch, et réclame une amende pouvant atteindre 33,2 millions d’euros.

L’Australie poursuit Telegram en justice pour manquement à ses obligations de retrait de contenus terroristes
HaitiCreoleRadio.com

Le régulateur australien de l’Internet a saisi la justice, jeudi 30 juillet, contre le réseau social Telegram, l’accusant d’avoir manqué à ses obligations de retrait de contenus liés au terrorisme. En vertu de la loi australienne, la plateforme encourt jusqu’à 54,6 millions de dollars australiens d’amende, soit 33,2 millions d’euros, pour n’avoir pas pris à temps de mesures à la suite du signalement, par des internautes australiens, de contenus violents et liés au terrorisme.

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D’après Julie Inman Grant, à la tête de l’agence australienne de régulation eSafety, il s’agissait notamment de vidéos d’exécutions et de fusillades. Parmi ces images, plusieurs concernent les attentats de 2019 contre des mosquées de Christchurch, en Nouvelle-Zélande, mais aussi la fusillade de 2022 à Buffalo, aux Etats-Unis, selon la responsable. « Lorsque des plateformes sont alertées au sujet de contenus terroristes, elles doivent agir », a lancé Julie Inman Grant lors d’une conférence de presse à Sydney.

L’Australie s’est érigée en porte-étendard du combat contre les risques des réseaux sociaux. Elle a notamment officiellement interdit un grand nombre de plateformes aux moins de 16 ans, entraînant d’autres pays dans son sillage.

Telegram rejette les accusations

Selon des documents judiciaires, des internautes australiens ont signalé 12 cas de contenus de la sorte entre la fin de septembre et le début d’octobre 2025. Vingt jours plus tard, dix d’entre eux n’avaient pas été supprimés, montrant, selon le régulateur, que Telegram n’avait pas agi « à temps » en vertu de ses obligations concernant la sécurité en ligne.

« Les efforts de Telegram en matière de lutte contre le terrorisme sont largement documentés (…) Nous rejetons ces accusations et les contesterons devant la justice », a réagi la plateforme dans un communiqué en français.

La procédure à l’encontre de Telegram est entamée alors que mercredi, la Russie a annoncé avoir déclenché une procédure de recherche internationale à l’encontre de Pavel Durov, patron de cette plateforme domiciliée aux Emirats arabes unis. Moscou l’accuse de « complicité de terrorisme » et affirme que sa messagerie est utilisée par les services de sécurité ukrainiens à des fins de recrutement.

Sollicités par l’AFP après cette annonce provenant de Russie, les avocats français de Pavel Durov, né en Russie et détenteur des passeports français et émirati, n’ont pas voulu faire de commentaires pour l’instant.

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Le Monde avec AFP

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