Des caractères typographiques qui semblent lentement s’effacer sur une couverture bleu pâle. Les lettres restantes forment un message inquiétant : “l’Âge du livre est passé”. Dans son édition du mois d’août, le mensuel The Atlantic analyse les ressorts de la baisse continue du temps de lecture chez les Américains.

“Il fut un temps où les optimistes pensaient que l’accès universel à la lecture était une chose inévitable. Aujourd’hui, il apparaît que l’Âge du livre a peut-être été une brève anomalie dans l’histoire de l’humanité”, résume, pessimiste, le magazine de Washington.

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Selon une étude menée outre-Atlantique, moins d’un adulte sur deux a lu un livre, quel que soit le genre, durant l’année 2022. Et le constat est amer. “Les paris sont désormais un loisir plus répandu que la lecture : l’an dernier, 57 % des Américains se sont pris au jeu du pari”, écrit Rose Horowitch, la rédactrice de l’article.

Une saturation de mots

Rapportant que ce phénomène touche la société dans son ensemble, traversant les classes sociales et le genre, The Atlantic remarque également que les livres lus sont aussi désormais “plus simples”. “Les phrases longues ne sont pas intrinsèquement meilleures. Mais leur fréquence dans les œuvres d’antan semble indiquer que les Américains avaient autrefois le goût et la capacité de lire de la grande littérature.”

Paradoxalement, ce déclin de la lecture intervient alors que jamais, dans l’histoire, les Américains n’ont lu autant de mots, que cela soit via des notifications, des SMS ou des courriels. Cette explosion de fragments textuels s’est faite au détriment d’une attention soutenue portée à des œuvres écrites plus longues, véhiculant des informations riches et complexes, et s’accompagne d’une altération des capacités de synthèse.

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Pour The Atlantic, la conclusion est alors limpide : “Autrement dit, les Américains ne sont pas analphabètes, ils sont postalphabètes.”