Bien avant les thrillers domestiques et les podcasts de true crime, la victime féminine faisait déjà vendre. Au XVIIIe siècle, rappelle la romancière écossaise Denise Mina dans The Guardian, les colporteurs londoniens inventaient des crimes autour d’une victime “jeune, jolie, blanche et pure”. Le procédé a traversé les siècles, des héroïnes gothiques de Daphné du Maurier aux femmes disparues ou menacées de Gillian Flynn, énumère le quotidien. Gone Girl (Les Apparences, en français), paru en 2012, a poussé les éditeurs à partir à la recherche du prochain “thriller au féminin” capable de rencontrer un succès mondial.

Le classement hebdomadaire du Sunday Times montre combien cette recette reste efficace. De Dan Brown à Alice Feeney, neuf des dix romans de poche les plus vendus du moment outre-Manche ont pour point de départ ou pour centre de gravité la mort d’au moins un personnage féminin, relevait le Guardian le 14 juillet. Seul La Correspondante, de Virginia Evans (paru le 8 janvier chez La Table Ronde), consacré à l’art épistolaire, échappe à cette tendance. “C’est quoi cette histoire ?” s’est étonnée l’autrice anglaise Wendy Jones sur son compte Instagram, citée par la presse britannique. “Et donc dans 84 % [sic] des livres que les gens ont achetés et lu au Royaume-Uni cette s