L’Espagne décroche enfin sa deuxième étoile”, exulte AS. La Roja a battu l’Albiceleste dimanche devant les 80 000 spectateurs du MetLife Stadium, près de New York, “lors d’une finale qui n’a connu qu’un seul véritable protagoniste”, étouffant l’Argentine et dominant le match “de bout en bout”.

C’est un but de Ferran Torres à la 106e minute, pendant la prolongation, qui a une nouvelle fois “propulsé l’Espagne sur le toit du monde”, raconte le quotidien sportif espagnol. “C’était magnifique” et “c’était mérité”, ajoute-t-il. “Toute autre issue aurait constitué une injustice pour le football”.

Un avis partagé par La Gazzetta dello Sport, pour qui “l’Espagne devait remporter cette finale, car si elle était allée à l’Argentine, cela aurait été une insulte au football”.

“Un but de Ferran Torres au début des prolongations a offert la Coupe à ceux qui la méritaient et la désiraient, sans dévier d’un iota de cette belle philosophie de jeu, ternie le temps d’une soirée par une équipe adverse qui avait scientifiquement décidé de ne pas jouer”, observe le journal italien. “L’Espagne était grande, l’Argentine était insupportable à regarder”.

« Formule prodigieuse » de l’Espagne

“L’Espagne vient d’entrer dans l’éternité”, s’émeut El País. “Apparue pour la première fois en Afrique du Sud avec les prémices d’un style de jeu brillant, elle a évolué pendant une décennie pour aboutir à la formule prodigieuse qui lui a permis de remporter l’Euro 2014 et, aujourd’hui, sa deuxième Coupe du monde”.

« La première étoile était un avertissement au monde, une invitation à relever la tête. La seconde symbolise sa place dans la gloire éternelle du football”, écrit le quotidien madrilène.

En décrochant son deuxième trophée mondial, l’Espagne “a clairement montré que sa génération, emmenée notamment par Lamine Yamal, Pau Cubarsí, Dani Olmo, Ferran Torres et Nico Williams, continuera de faire parler d’elle”, renchérit El Universal.

Tout l’inverse des Argentins, “qui n’ont pas fait les efforts suffisants pour mériter d’être couronnés champions lors du face-à-face final”, juge le quotidien mexicain, à commencer par leur capitaine, l’inoxydable Messi, dont le dernier match en Coupe du monde “restera gravé dans les mémoires comme une défaite douloureuse”.

L’Albiceleste « s’est couverte de honte »

Mais plus encore que leur piètre performance sur le terrain, c’est l’attitude des joueurs argentins, pendant et après le match, que critique une partie de la presse.

“Alors que les héros espagnols, champions du monde, montaient sur le podium, leurs adversaires argentins, abattus et vaincus, leur ont tourné le dos”, remarque ainsi The New York Times, estimant que l’Albiceste s’était “couverte de honte” pendant cette finale.

Car leur mauvaise humeur devant le podium faisait suite à un comportement “irascible” durant le match, souligne le titre américain. “Dans le feu de l’action, les escarmouches ne sont pas rares. Mais leur refus de célébrer le sacre espagnol était particulièrement déplaisant, un manque de respect envers les vainqueurs de l’événement sportif le plus prestigieux au monde”.

Pour le titre new-yorkais, “ce comportement était néanmoins parfaitement cohérent avec la prestation insipide des Argentins, qui ont offert peu de substance et de style pendant 120 minutes”.

Les Argentins « ne méritaient rien »

Ce qui fait dire à Marca que face au “déluge de coups bas et de fautes des Argentins”, la Roja n’a pas seulement gagné le Mondial, elle a aussi “sauvé le football”.

“Avec un jeu peu convaincant, l’Argentine a tenté de transformer à nouveau le match en un champ de bataille”, observe le titre sportif espagnol. “Beaucoup de contacts, beaucoup d’interruptions, beaucoup de tacles mal maîtrisés, et le sentiment que le jeu devait se dérouler au rythme dicté par ces tactiques déloyales. L’Espagne a fait exactement le contraire. Elle a continué à faire circuler le ballon. Elle a continué à croire au football”.

The Daily Telegraph est plus sévère encore, dénonçant la “brutalité” des Argentins et donnant sa propre version du score final : “Football 1 - Criminels 0”.

Le quotidien décrit le chaos au coup de sifflet final, quand l’Argentin “Nahuel Molina a donné un coup de poing à [l’Espagnol] Rodri et l’entraîneur Lionel Scaloni, d’ordinaire si calme, a dû intervenir. Leandro Paredes, qui ferait mieux de jouer au football plutôt que de brutaliser ses adversaires, a attrapé Eric García à la gorge et a poussé Gavi au sol. Quel spectacle ! ”.

Pour le titre britannique, les joueurs argentins “ne méritaient rien car ils n’ont rien fait”, devenant au passage “les premiers finalistes de la Coupe du monde à ne pas avoir cadré un seul tir avant la 121e minute”.

Les larmes de Messi

En Argentine, Clarín reconnaît volontiers la supériorité de la Roja. “Le but de Ferran Torres, du pied gauche, qui a trompé Emiliano Martínez en deuxième période de prolongation, fut un acte de justice, aussi douloureux soit-il pour notre pays”, écrit le quotidien.

“Le poids de la finale semblait peser lourd sur l’Argentine, et le rêve d’un deuxième titre consécutif parut illusoire tout au long de la rencontre, quasiment dès la première minute”, soupire le titre argentin.

La Nación préfère quant à elle se concentrer sur Messi, ses larmes et son héritage, rappelant qu’avant le match, le capitaine argentin avait déclaré : “Quoi qu’il arrive, ce groupe a déjà écrit une histoire que nous n’oublierons jamais et que personne ne pourra effacer”.

“Et il en sera ainsi”, relève le quotidien de Buenos Aires. “L’après-midi où l’équipe nationale a livré sa pire prestation, Messi a quitté sa sixième Coupe du monde et sa troisième finale le cœur lourd, mais la tête haute. Les larmes du capitaine après avoir reçu la médaille d’argent étaient celles de toute une nation”.