La condamnée à mort Christa Pike a survécu à deux injections de pentobarbital, le 30 septembre, avant que les autorités de l’État du Tennessee ne décident de suspendre son exécution et de l’envoyer d’urgence à l’hôpital. “Il s’agit de la deuxième exécution ratée dans l’État du Tennessee cette année”, souligne The New York Times.
Cet échec apparent de la mise à mort de la condamnée – on ne connaît pas encore le pronostic sur l’état de santé de Christa Pike – est intervenu après “un suspense d’environ neuf heures durant lequel deux cours de justice ont rendu des avis divergents”, rappelle le journal. Une cour d’appel fédérale avait d’abord suspendu “in extremis” son exécution, avant que la Cour suprême des États-Unis ne donne son feu vert et autorise l’administration de la peine capitale. Les autorités de l’État du Tennessee “ont alors précipité l’exécution de la condamnée, afin de ne pas avoir à la reprogrammer”.
Ouverture d’une enquête
“Cet événement est le pire que nous ayons jamais vu et ne ressemble à aucune autre exécution manquée”, a souligné Robin Maher, le directeur exécutif de l’organisation à but non lucratif Death Penalty Information Center, ajoutant :
“Il n’y a aucun précédent.”
Peu avant minuit, le gouverneur républicain du Tennessee, Bill Lee a ordonné l’ouverture d’une enquête pour déterminer ce qu’il s’était passé et annoncé qu’il reportait la dernière exécution programmée dans son État cette année, celle du condamné à mort Gary Wayne Sutton, initialement prévue le 3 décembre, rapporte USA Today. “L’exécution d’une peine judiciaire figure parmi les responsabilités les plus importantes de l’État, et les habitants du Tennessee s’attendent à ce qu’elle soit menée d’une manière qui soit non seulement légale et constitutionnelle, mais aussi efficace”, a notamment déclaré le gouverneur.
La tentative d’exécution de la condamnée à mort “a rapidement mal tourné”, souligne USA Today. Après avoir reçu deux injections de pentobarbital, Christa Pike était toujours en vie, coincée dans une “forme d’agonie inutile”, ont souligné ses avocats dans une requête d’urgence déposée auprès de la Cour suprême du Tennessee et par laquelle ils lui demandent d’interrompre la procédure sur-le-champ, arguant que “la durée prolongée de cette tentative d’exécution avait causé à Christa Pike des souffrances physiques et mentales surajoutées”.
Dans un communiqué adressé au journal, les avocats ont ensuite déploré : “Ce soir, l’État du Tennessee a une nouvelle fois échoué à mener à bien une exécution. Nous ne tirons aucune satisfaction d’avoir eu raison, mais les inquiétudes soulevées par Christa Pike se sont avérées fondées : accès veineux difficile, veines éclatées, pentobarbital altéré, aucun accès à des soins d’urgence quand les choses tournent inévitablement mal, le tout dans le cadre d’un protocole [de mise à mort] qui reste entouré de secret.”
Aux États-Unis, les exécutions de condamnés reprennent de plus belle
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