La capacité de l’intelligence artificielle à détecter des failles informatiques partout et rapidement transforme le piratage en arme d’exécution rapide.
Anthropic et OpenAI ont toutes deux restreint ou documenté des usages de leurs modèles capables de pirater des systèmes de manière autonome.
Cinq failles critiques découvertes en 2026 sur Linux, système utilisé par 77 % des serveurs mondiaux, illustrent l’ampleur de cette nouvelle menace.
L’année 2026 est une année charnière dans la gestion de la cyberdéfense. Auparavant, trouver une faille et l’exploiter était un travail long réservé à des experts. À l’image de la société NSO derrière le logiciel de piratage Pegasus, qui emploie une centaine de chercheurs à temps plein pour dénicher seulement quelques failles par an, afin de pouvoir pirater des smartphones sur demande de ses clients.
Toutes les agences de renseignement sont confrontées au même problème. Le piratage prend du temps et reste coûteux, sans garantie de réussite.
Alors qu’en théorie, tout est piratable. En pratique, pirater un système comme une centrale électrique peut prendre des semaines ou des mois, voire ne jamais réussir. Si la centrale doit être neutralisée avant la fin de la semaine, l’envoi d’un missile est la seule option.
Une rupture technologique en quelques mois
Récemment, les avancées de l’IA dans le domaine insoupçonné du piratage sont devenues exponentielles en seulement quelques mois. Au point de rendre possible le piratage complètement automatisé de n’importe quel système.
Les avancées étaient insoupçonnées, car le piratage n’était pas le but recherché. Les entreprises d’IA cherchaient avant tout à améliorer les capacités de programmation. Elles se sont rendu compte que leurs IA programmeuses étaient redoutables pour analyser le code à la recherche de failles. Ce qui était une découverte fortuite il y a un an est devenu une menace très concrète.
Anthropic, l’entreprise derrière l’IA Claude, a restreint l’accès à sa dernière version Mythos, dédiée à la recherche de failles. Même son modèle plus grand public, Fable, a été restreint par le gouvernement américain devant la possibilité d’utiliser cette IA contre les systèmes américains.
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Cinq failles critiques sur Linux
Il n’y a rien d’imaginaire dans ces menaces. Le projet open source Linux en est déjà à sa cinquième faille critique (CVE-2026-31431, 43284, 46333, 23111, 64600), trouvée à l’aide de l’IA depuis 2026. Or, Linux est l’OS derrière 77 % des serveurs en ligne. Son code est intégralement ouvert et audité mondialement par les meilleurs experts. Normalement, une faille critique sur Linux apparaît tous les dix ans et provoque un problème pour la sécurité mondiale.
La succession de cinq failles majeures, dont certaines dormantes depuis plus de neuf ans, est un séisme. Certaines failles sont déjà activement exploitées.
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Une IA hors de son bac à sable
Une histoire récente montre tout le potentiel de l’IA pour pirater rapidement n’importe quelle cible.
Les chercheurs d’OpenAI, une autre entreprise d’IA derrière le célèbre ChatGPT, ont mis au défi leur dernière mouture de repérer des failles dans un jeu de test connu.
L’IA était donc dans un environnement contrôlé, avec un accès Internet restreint. Au lieu de résoudre le jeu de test, l’IA a piraté l’environnement contrôlé pour aller librement sur Internet. Ensuite, elle a piraté le serveur (qui n’appartient pas à OpenAI) d’où venait le jeu de test pour accéder au résultat.
Tel un film de science-fiction, une IA sans autorisation a piraté son environnement pour faire sauter ses barrières. Puis piraté un serveur externe pour exfiltrer des données de manière complètement autonome en seulement un week-end.
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Les missiles numériques sont possibles. Si vous souhaitez neutraliser une centrale électrique, une IA pourrait y arriver en quelques jours.
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