De Bougainville – Dennis Kuiai l’assure : il n’a jamais voulu tuer qui que ce soit. “Mais cela fait partie des choses qui nous suivent aujourd’hui. Il faut vivre avec ce traumatisme, nous avons tué.” Il avait une petite vingtaine d’années quand il a été recruté pour rejoindre les rangs de la guérilla séparatiste de son île, l’Armée révolutionnaire de Bougainville. Cette guerre civile, qui concernait les terres, les ressources et l’identité insulaire, a fait jusqu’à 15 000 morts.
Bataille pour l’indépendance
Voilà près de trente ans que les armes ont été déposées, mais la bataille pour l’indépendance de Bougainville est tout sauf terminée. Par un après-midi pluvieux, Dennis Kuiai nous conduit dans un paysage tropical verdoyant, où certains installeraient volontiers un hôtel de luxe. Mais c’est la principale prison du futur État qui doit être construite ici.
Un groupe d’anciens combattants travaille à la préparation du chantier. C’est un projet prioritaire, explique Dennis Kuiai, étant donné les capacités pénitentiaires très limitées de Bougainville. Mais revenir ici, c’est aussi pour lui remuer des souvenirs douloureux.
En 1990, pendant la guerre civile, il a participé à une opération spectaculaire pour libérer des rebelles séparatistes alors détenus dans une vieille prison, ici
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