Bryan Cranston, l’acteur de Breaking Bad, n’a pas résisté à un élan des plus humains, celui de faire ses adieux à quelqu’un en rappelant son dernier échange avec lui, en l’occurrence R. J. Mitte, l’acteur atteint d’infirmité motrice cérébrale qui jouait son fils dans la série. La sidération (car R. J. Mitte s’est suicidé à 34 ans) s’exprime de bien des manières, mais la meilleure consiste à raconter nos projets avec le défunt. “Nous étions convenus de dîner ensemble il y a seulement quelques jours !” dit-on d’une personne. “On a pourtant joué au tennis récemment, comment est-ce possible ?” dit-on d’une autre. De notre surprise découle une conclusion absurde : “Comment lui est-il venu à l’esprit de mourir alors que nous étions convenus d’un dîner : il ne pense jamais aux autres ?” ou bien “Comment a-t-il pu mourir alors qu’on a joué au tennis récemment ? J’étais si mauvais ?”
Bryan a raconté que lui et R. J. s’étaient écrits récemment pour prévoir un déjeuner. Quand l’interprète de Walter White rappelle son dernier échange avec lui, quand nous nous rappelons la dernière fois que nous avons vu quelqu’un dont on apprend la mort soudaine, nous ne nous rappelons pas en réalité cette dernière fois, car pour nous ça ne l’était pas : nous ne savions pas que nous ne reverrions pas cette
Accédez à l’intégralité de nos contenus sur le site et l’application en vous abonnant à l’offre spéciale.
Dès 2,99 €/mois
Sans engagement • Résiliable en ligneEt si cet article n’était que le début ?
2,99 € par mois
En tant qu’abonné, accédez à l’intégralité des contenus de Courrier international.
Dresser des listes n’y changera rien : nous allons tous mourir
Commentaires (0)
Laisser un commentaire
Aucun commentaire. Soyez le premier !