Des effluves de marcela, ou camomille brésilienne, flottent dans l’air, entêtants et doux comme une tisane du soir. On se croirait dans un bain de stimulation sensorielle, mais non : nous sommes ici dans une expo d’art.

Au premier étage de l’institut Itaú Cultural [au cœur de São Paulo], de la marcela, cette fleur typique de la flore brésilienne, est disposée en flaque sur le sol, à côté d’autres tas d’herbes, de farine, de coton et de feuilles de taro violet. Sur ces mares végétales émergent des formes ovoïdes, en bronze et en céramique, comme des fruits sur le point de prendre vie. L’ensemble compose un champ dans lequel on peut se promener.

“C’est une terre cultivée, confirme Solange Pessoa devant cette œuvre qu’elle a intitulée Campos Peregrinos [littéralement “champs pèlerins”]. C’est une des particularités des graines : le vent peut les emporter loin. La graine est pèlerine, de nature. D’où le titre.”

Travail sur des matériaux naturels

Solange Pessoa parle tout bas, d’une voix aussi douce que son installation Campos Peregrinos, travail emblématique des liens qui l’unissent aux éléments de la terre, qu’elle a choisie pour ouvrir l’exposition qui lui est consacrée dans cette institution de São Paulo.

En travaillant des matériaux naturels, l’artiste de 65 ans nous parle de l’