Le 24 avril, raconte La Presse, “Maxime Denis a appris qu’il n’avait plus le droit de travailler au Québec”, où il habite pourtant depuis huit ans et est employé par une compagnie pharmaceutique. La raison ? Ce titulaire français d’un doctorat en chimie de l’université du Québec à Montréal n’a pas fourni au ministère canadien de l’Immigration “la preuve exigée de sa connaissance du français” lorsqu’il a fait parvenir le 29 août dernier sa demande pour un permis postdiplôme, sésame essentiel pour les étrangers voulant travailler au Canada.

L’expatrié de 30 ans avait deux documents à fournir. Le hic, indique le quotidien : le formulaire en ligne ne comporte qu’un seul champ pour fournir un document supplémentaire. Sur recommandation d’un conseiller à l’immigration de son université, Maxime Denis a choisi d’envoyer une lettre confirmant l’obtention de son diplôme plutôt que son test de français passé en janvier 2025. Même si Immigration Canada a indiqué sur son portail qu’il n’avait pas besoin de documents additionnels, le ministère, contacté par La Presse, a déclaré que “M. Denis n’a pas fourni ses résultats d’évaluation linguistique”, tel que requis par la loi. Ce qui fait, dit la publication, que les avocats en immigration “multiplient les représentations auprès d’Ottawa” pour qu’un espace soit ajouté pour envoyer le test linguistique.

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De nombreuses situations problématiques

Maxime Denis n’est pas le seul expatrié en peine avec le ministère. Le Journal de Québec a parlé avec un étudiant béninois, Albant Sagbo, qui fait face à un stress énorme dans l’attente de son permis : “je ne travaille plus et je n’ai pas pu intégrer un poste dans le domaine du traitement de l’eau, malgré un contrat déjà signé, faute de détenir le document officiel m’autorisant à travailler”. Le Devoir a rapporté qu’un immigrant ivoirien, Fabrice Kangah, arrivé au Québec en 2023 pour y suivre une formation d’électromécanicien, demeurait sans nouvelles d’Immigration Canada “huit mois après avoir déposé sa demande” pour un permis postdiplôme.

Même le milieu du cirque québécois se plaint des frustrations causées par les nouvelles directives instaurées en 2024 pour obtenir un permis de travail postdiplôme, indique Radio-Canada : “Le gouvernement canadien a restreint l’accès au permis de travail postdiplôme (PTPD) pour aligner l’immigration sur les besoins du marché du travail, mais […] à ce jour, les programmes d’interprétation artistique, comme le cirque au niveau collégial, ne figurent pas sur la liste des priorités nationales pour le PTPD”. L’adjoint à la direction générale de la compagnie FLIP Fabrique, Guillaume B. Boulay, est inquiet :

Si les étudiants étrangers n’obtiennent plus de permis de travail et perdent le goût de venir étudier à Québec ou à Montréal, il n’y aura tout simplement plus de relève dans dix ou quinze ans pour toute la structure du cirque québécois.”
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Immigration Canada réagit

Une chose est sûre, titre Noovo Info : “Le ministère fédéral de l’Immigration doit améliorer son site web.” Un porte-parole du cabinet de la ministre de l’Immigration, Lena Diab, a indiqué au site d’information québécois “qu’un champ dédié à la soumission des résultats des tests de langue était en train d’être conçu pour le site des permis de travail, dans le cadre de changements informatiques plus larges au sein du ministère”.