La Chine a confirmé, vendredi 12 juin, qu’elle retenait un citoyen américain pour des activités présumées d’espionnage. Il s’agit de Min Zin, un analyste auprès d’un centre de recherche spécialisé sur la Birmanie, l’Institute for Strategy and Policy - Myanmar (ISP-M), dont il est un membre fondateur. Pour l’heure, les Etats-Unis n’ont pas officiellement commenté la nouvelle.
« Nous croyons savoir que [Min Zin] fait l’objet de la part des autorités compétentes de mesures coercitives pénales, conformément à la loi, pour des activités présumées d’espionnage compromettant la sécurité nationale de la Chine », a expliqué un porte-parole du ministère des affaires étrangères chinois, Lin Jian.
Le quotidien américain The New York Times avait annoncé, la veille, son arrestation par les autorités chinoises, survenue au début du mois de juin, selon des sources proches du dossier. Le journal relate que l’analyste a été arrêté le 3 juin à Kunming, dans la province du Yunnan, qui partage une longue frontière avec la Birmanie, ce qu’ont confirmé des sources liées à l’ISP-M à l’Agence France-Presse. Des diplomates des Etats-Unis sont au fait de cette arrestation, a ajouté le journal new-yorkais, qui précise que Min Zin avait écrit des essais sur la politique birmane dans sa rubrique « Opinion ».
Ses « droits légaux garantis »
Min Zin étudie les dynamiques politiques, les ressources et les conflits en Birmanie, pays plongé dans une guerre civile depuis le coup d’Etat de 2021 qui a renversé le gouvernement démocratiquement élu d’Aung San Suu Kyi. Certaines de ses publications détaillent l’influence dans les régions frontalières de Birmanie de la Chine voisine, où Pékin est accusé de soutenir des factions armées qui servent ses intérêts nationaux.
Le porte-parole du ministère des affaires étrangères chinois n’a pas précisé la nature des « mesures coercitives pénales », qui signifient communément que le citoyen américain n’est pas libre de ses mouvements. « La partie chinoise a informé le consulat général des Etats-Unis à Canton de cette affaire », a dit Lin Jian. « Les droits légaux [de Min Zin] sont pleinement garantis », a-t-il ajouté.
En février, la CIA, l’agence américaine de renseignement, avait intensifié ses efforts pour recruter des espions en Chine, avec la diffusion d’une vidéo en langue chinoise ciblant des officiers de l’armée désillusionnés. La CIA avait déjà diffusé, en 2025, plusieurs vidéos qui visaient, selon son directeur, John Ratcliffe, à « recruter des responsables chinois pour aider les Etats-Unis ».