Début mai, Anna (son nom a été changé) attend dans un commissariat de police parisien. Elle est venue porter plainte : elle veut signaler un viol dont elle a été victime en 1986. Originaire d’une petite ville d’Allemagne, elle était au pair en France à l’époque. Elle avait 20 ans.

Un jour où elle était en congé, explique-t-elle à la fonctionnaire de police, un homme l’a abordée dans la rue : elle était très belle – ne souhaitait-elle pas devenir mannequin ? lui aurait-il dit. Plus tard, sous un quelconque prétexte, il a réussi à entrer chez elle. Et bien qu’il lui ait promis de “juste dormir par terre”, il l’aurait agressée, jusqu’à ce qu’elle n’ait d’autre issue que de céder.

Il est trop tard

Il lui a fallu des années avant de pouvoir en parler. Ce n’est qu’en 2026 qu’elle a porté plainte auprès de la police française. Auparavant, elle avait appris, grâce à un article du Spiegel, que cet homme était peut-être un proche collaborateur de Jeffrey Epstein. Il a été prouvé qu’il avait présenté plusieurs femmes à Epstein, un investisseur qui a abusé de nombreuses victimes – dont des mineures.

Quarante ans ont passé depuis qu’Anna dit avoir rencontré le collaborateur d’Epstein à Paris. Quarante années avant qu’elle ne se décide à faire appel à la justice. Or il est trop tard : en Fran