Chers lectrices et lecteurs,
Il fait chaud, toujours très chaud en France. Et si vous étiez italien, allemand, belge ou espagnol, vous seriez, depuis le temps, bien au courant. L’Hexagone en tête, l’Europe s’est laissée surprendre par une succession de vagues de chaleur en ce début d’été. La presse française et internationale en a abondamment parlé (votre hebdo préféré y a consacré une couverture il y a peu) : du réchauffement du continent, du principe de dôme de chaleur, de la lutte pour s’en protéger, de l’urbanisme, des inégalités, de la clim, de l’agriculture et, enfin, des incendies.
Forêt emblématique au-delà des frontières hexagonales, Fontainebleau a perdu 2 050 hectares dévorés par les flammes depuis dimanche dernier, avec son extraordinaire biosystème. Sans parler de la perte d’un endroit mythique dans l’imaginaire collectif français.
Mais le plus gros, le plus énorme problème, selon le journaliste Nils Minkmar outre-Rhin, c’est qu’on n’entend… rien. “Tout le monde voit, ressent et saisit l’ampleur de la catastrophique vague de chaleur qui ravage la France depuis des semaines. Or les politiques, d’ordinaire si prolixes, brillent par leur mutisme”, dénonce cette plume allemande, un brin irrité par le visionnage de la campagne de prévention gouvernementale qui met en scène un imprudent dénommé Luc brûlant accidentellement une forêt entière en allumant son barbecue.
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Je m’abonneVoilà la France, excellemment préparée au réchauffement climatique ? Bien sûr que non. Son article, paru dans la Süddeutsche Zeitung, parcourt le pays de Fontainebleau au Bordelais, en passant par la Bretagne, et montre la forêt qui brûle, les routes qui fondent, les récoltes qui s’assèchent, les villes en surchauffe. Tandis que les Français, eux, avancent dans l’été – cette “épine dorsale de l’année” en France – le cerveau embrumé, inapte à quelque activité.
Quiconque de sain d’esprit verrait ici un sujet politique de première urgence. “Mais la crise climatique est un terrain politique miné. Après des années de lobbying de l’industrie fossile et de ses alliés issus des droites populistes, tout le monde, ou presque, préfère éviter le sujet”, déplore Nils Minkmar dans le texte que nous vous recommandons chaudement. Vous trouverez notre traduction signée Valentine Morizot ici. Après lecture, vous n’aurez pas forcément envie d’expliquer à Luc comment faire un barbecue, mais plutôt de planter un sujet dans la campagne électorale.
Bonne lecture, et un agréable dimanche à vous,
Carolin Lohrenz
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