Faute de solution géométrique pour représenter fidèlement à plat une terre sphérique, la politique a arbitré. Vendredi 4 septembre, la France a officiellement annoncé changer sa représentation cartographique du monde en abandonnant la projection dite « de Mercator ». Cette conversion n’est pas que symbolique, ni artistique. Elle reflète une réalité géopolitique : la place de la France, comme celles des Etats-Unis ou encore de la Russie, sur les nouvelles cartes est sensiblement plus petite qu’auparavant.
Le planisphère dessiné au XVIe siècle par le cartographe flamand Gerardus Mercator devait faciliter la navigation maritime. Mais, ces dernières années, elle a progressivement disparu des représentations officielles car elle crée un monde trop distordu. Mercator agrandit artificiellement les régions proches des pôles au détriment des zones équatoriales. L’Afrique – « terra incognita » à l’époque – figure encore aujourd’hui à la même taille que le Groenland, 14 fois plus petit dans la réalité.
« Notre diplomatie doit mener deux combats : porter notre propre récit et toujours veiller à représenter le monde avec justesse », a expliqué Jean-Noël Barrot, le ministre français des affaires étrangères, vendredi 4 septembre, à l’ouverture de La Fabrique de la diplomatie, à Paris. « Ces déformations finissent par s’installer dans les perceptions. Le moment est venu pour nous de le corriger. »
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