Les nouvelles autorités pro-européennes de Hongrie ont annoncé, mardi 8 septembre, l’expulsion de dix membres de la représentation diplomatique russe en raison d’activités jugées « inacceptables », ce qui est sans précédent depuis 2018 dans ce pays, qui affichait auparavant ses positions prorusses sous la houlette du nationaliste Viktor Orban.
« Dix collaborateurs de la représentation russe ont mené en Hongrie des activités qui, au regard de la Convention de Vienne, ne sont pas acceptables de la part de diplomates », a déclaré la ministre des affaires étrangère magyare, Anita Orban. « La partie hongroise a donc enjoint les personnes concernées à quitter le territoire de la Hongrie », a-t-elle ajouté, sans préciser la nature des actes qui leur sont reprochés. La Russie a rapidement réagi en promettant une riposte « sévère et douloureuse ».
En mars 2018, dans le cadre de l’action coordonnée des pays occidentaux à la suite de l’empoisonnement au Royaume-Uni de l’ex-agent double russe Sergueï Skripal et de sa fille Ioulia, la Hongrie avait expulsé un diplomate russe, que le ministère des affaires étrangères considérait comme un officier des services de renseignement.
Il s’agit de la première expulsion de diplomates russes annoncée par Budapest depuis cette date. Le média VSquare a toutefois affirmé en mai, en citant plusieurs sources gouvernementales anonymes, qu’un diplomate russe soupçonné d’espionnage et son épouse avaient été discrètement expulsés quelques jours plus tôt.
Après 2022, la Hongrie, membre de l’Union européenne mais resté proche du Kremlin malgré l’invasion russe de l’Ukraine, ne s’est pas associée aux expulsions massives de diplomates russes décidées par plusieurs pays européens. Depuis la défaite de Viktor Orban aux législatives d’avril, le nouveau premier ministre hongrois, Peter Magyar, s’est rapproché de ses partenaires de l’Union.