En juxtaposant 2011, la période 2020-2025 et 2026, l’infographie de l’AFP le montre d’un seul regard : la piraterie somalienne n’a jamais été vaincue, seulement contenue.
Depuis avril 2026, six navires détournés et plus de quatre-vingt-dix marins retenus : l’alerte est repassée de « substantiel » à « sévère ».
Pour l’instant côtière et opportuniste, cette résurgence changerait d’échelle si les pirates retrouvaient leurs « navires-mères ».
En juxtaposant l’état des attaques en 2026, sur la période 2020-2025 et au plus fort de la crise en 2011, l’AFP donne à voir d’un seul regard ce que les rapports peinent à résumer : la piraterie au large de la Corne de l’Afrique n’a jamais été vaincue. Elle avait été contenue, mais ce qui a été contenu peut resurgir.
Repères
| Période | État de la menace | Chiffres-clés |
|---|---|---|
| 2011 | Apogée | 237 attaques ; ~7 milliards de dollars de coût ; projection en haute mer |
| 2020-2025 | Quasi-disparition | Détournements pratiquement nuls (Atalante, gardes armés, procédures strictes) |
| 2026 | Résurgence côtière | 6 navires détournés ; 90+ marins otages ; alerte « sévère » |
2011 : l’apogée
Une nuée de points saturant le golfe d’Aden, la mer d’Arabie et le large de l’océan Indien, jusqu’à plusieurs centaines de milles des côtes. Cette année-là, les pirates somaliens lancèrent 237 attaques et retinrent des centaines de marins en otage ; leur activité coûta quelque 7 milliards de dollars à l’économie mondiale. Ils opéraient alors très loin au large, à partir de « navires-mères » qui leur permettaient de projeter des embarcations rapides à des distances considérables. La haute mer elle-même n’était plus sûre.
2020-2025 : le désert
Quelques points épars, presque rien. C’est la trace d’un succès rare de la coopération internationale. La mobilisation navale — l’opération européenne Atalante, les forces combinées, la présence de l’OTAN —, l’embarquement de gardes armés à bord des navires et l’adoption de procédures de sécurité strictes avaient, en une décennie, fait pratiquement disparaître les détournements. On avait presque fini par oublier la menace.
2026 : la résurgence
C’est cette accalmie que la carte de 2026 vient rompre. Depuis le mois d’avril, les attaques se multiplient de nouveau : six navires détournés, plus de quatre-vingt-dix marins retenus en otage, selon l’Organisation maritime internationale, qui appelle à une remobilisation ; les centres de sécurité maritime de la zone ont relevé leur niveau d’alerte de « substantiel » à « sévère ». Sur le premier semestre, les pirates somaliens seraient responsables de l’écrasante majorité des équipages pris en otage dans le monde. Le dernier coup de force remonte au 20 août, avec la capture d’un pétrolier à quelque 250 kilomètres à l’est d’Al-Mukalla, au Yémen, aussitôt dérouté vers les côtes somaliennes.
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