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La tapisserie de Bayeux est arrivée au British Museum, à Londres, pour un prêt historique

« C’est un moment unique, fruit d’un travail acharné, d’une planification minutieuse », s’est réjoui le directeur du British Museum, Nicholas Cullinan. La tapisserie sera exposée dans ce musée du 10 septembre 2026 au 11 juillet 2027.

La tapisserie de Bayeux est arrivée au British Museum, à Londres, pour un prêt historique
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La tapisserie de Bayeux est arrivée vendredi 10 juillet au British Museum à Londres auquel elle est prêtée pendant un an, à l’issue d’un transfert historique et sous haute surveillance pour cette fragile œuvre du XIe siècle, ont constaté des journalistes de l’Agence France-Presse (AFP).

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Cette broderie de laine sur lin de près de 70 mètres de long, décrivant la conquête de l’Angleterre par Guillaume le Conquérant en 1066, avait quitté jeudi en fin de journée son antre de Bayeux, dans l’ouest de la France, dans un double caisson spécialement conçu pour réduire les vibrations pendant son transport en camion vers le Royaume-Uni.

« C’est un moment unique, fruit d’un travail acharné, d’une planification minutieuse », s’est réjoui le directeur du British Museum, Nicholas Cullinan, après l’arrivée vers 3 heures (4 heures à Paris) de la tapisserie, qui sera exposée dans ce musée du 10 septembre 2026 au 11 juillet 2027. Ce prêt inédit avait été annoncé en juillet 2025 par le président français pour « revivifier la relation culturelle » avec le Royaume-Uni, dix ans après le Brexit.

« Continuons à bâtir l’avenir de ce lien entre les deux rives de la Manche, cette Entente cordiale devenue une Entente amicale », a écrit Emmanuel Macron dans une tribune au journal The Times vendredi. Soulignant que la tapisserie est une œuvre inachevée, il a estimé que « c’est à nous d’écrire le prochain chapitre, dans un esprit de respect, de confiance et d’alliance renouvelée ».

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Défi logistique

Ce transfert, entièrement financé par le Royaume-Uni pour un montant non dévoilé, a donné des sueurs froides à certains experts et défenseurs du patrimoine en France qui redoutent la dégradation irréversible d’une œuvre déjà fragilisée par 30 déchirures non stabilisées et près de 10 000 trous.

Fin 2021, une étude d’experts en restauration avait mis en garde contre les « risques supplémentaires » qu’un trajet de plus d’une heure ferait peser sur cette broderie de laine sur lin, fine comme de la dentelle.

Delphine Christophe, directrice des patrimoines et de l’architecture au ministère français de la culture, qui se trouvait dans le convoi derrière le camion transportant la tapisserie, a assuré que l’acheminement s’était « très bien passé ». « Nous sommes tout à fait confiants sur le fait que la tapisserie a voyagé dans les meilleures conditions de conservation possible », a-t-elle déclaré après l’arrivée au British Museum.

Pour relever le défi logistique du transfert outre-Manche, plusieurs études techniques ont été nécessaires et deux voyages-tests avaient été entrepris avec une reproduction grandeur nature de la tapisserie.

Selon ses concepteurs, le double caisson dans lequel l’œuvre a pris place permet de réduire de 96 % les vibrations liées au transport − un des principaux risques pour sa conservation − et de la maintenir à une température de 20 °C et à 50 % de taux d’humidité.

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Une rénovation en 2028

« Voir la tapisserie de Bayeux arriver pour la première fois au Royaume-Uni, quitter la France pour la première fois, c’est un moment très émouvant », a commenté l’ambassadrice de France à Londres, Hélène Duchêne, présente au British Museum, se disant « très heureuse ».

En septembre, une très délicate opération avait déjà été requise pour extraire la tapisserie de Bayeux de son musée, qu’elle n’avait plus quitté depuis 1983 et qui est depuis fermé pour travaux. Les premiers billets pour l’exposition londonienne ont été pris d’assaut dès leur mise en vente au début de juillet.

Signe de la valeur de cette pièce unique, le Royaume-Uni s’est engagé à verser 800 millions de livres (environ 917,9 millions d’euros) en cas de dégradation majeure de la tapisserie. Le pays a aussi accepté de prêter à la France des pièces du trésor de Sutton Hoo − du mobilier funéraire d’un chef saxon du VIIe siècle − et des dessins de la Renaissance, qui seront bientôt exposés dans un musée français.

A son retour en France courant 2027, la tapisserie devrait retrouver son musée de Bayeux avant de faire l’objet d’une délicate rénovation, prévue de longue date et plusieurs fois repoussée. Selon les autorités, la rénovation devrait commencer à partir de 2028 et pourrait se tenir à l’intérieur du musée et en présence du public pour éviter une nouvelle extraction.

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Le Monde avec AFP

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