En direct Mardi 27 Octobre 2026
Culture

Le bienheureux Alix Didier Fils-Aimé : bientôt deux ans au pouvoir sans élections, trois décrets électoraux, un contrat de 52 millions de dollars et des escapades à l’étranger

L’Edito du Rezo Le bienheureux Alix Didier Fils-Aimé ! Bientôt deux années à la tête du gouvernement haïtien sans avoir obtenu le moindre mandat électif populaire. Installé à la Primature le 11 novembre 2024, il administre la République, adopte des budgets généraux et rectificatifs, en

Le bienheureux Alix Didier Fils-Aimé : bientôt deux ans au pouvoir sans élections, trois décrets électoraux, un contrat de 52 millions de dollars et des escapades à l’étranger
HaitiCreoleRadio.com

26 octobre 2026
Le bienheureux Alix Didier Fils-Aimé : bientôt deux ans au pouvoir sans élections, trois décrets électoraux, un contrat de 52 millions de dollars et des escapades à l’étranger
Actualités Civilisation Corruption Élections Insécurité|Kidnapping Justice Pages d'Histoire d'Haiti

Le bienheureux Alix Didier Fils-Aimé : bientôt deux ans au pouvoir sans élections, trois décrets électoraux, un contrat de 52 millions de dollars et des escapades à l’étranger

  • by Rezo Nodwes
  • 26 octobre 2026
  • 0 Comments

L’Edito du Rezo

Le bienheureux Alix Didier Fils-Aimé ! Bientôt deux années à la tête du gouvernement haïtien sans avoir obtenu le moindre mandat électif populaire. Installé à la Primature le 11 novembre 2024, il administre la République, adopte des budgets généraux et rectificatifs, engage des dépenses publiques considérables et gouverne par décrets, selon ses caprices. Le tout sous le régime d’une transition dont la finalité déclarée demeure le rétablissement de l’ordre constitutionnel. À quel moment l’exception institutionnelle cesse-t-elle d’être provisoire pour devenir une modalité ordinaire d’exercice du pouvoir ?

Trois textes électoraux successifs, datés des 2 juin, 2 juillet et 6 octobre 2026, ont progressivement redéfini les conditions d’organisation du scrutin. Le dernier a notamment supprimé certaines exigences documentaires imposées aux candidats, dont celles relatives aux sanctions financières étrangères, facilitant ainsi l’accès de Michel Martelly à la compétition électorale une des personnalités politiquement « infréquentables« . Les exclusions découlant des sanctions du Conseil de sécurité des Nations unies demeurent toutefois applicables. Comment justifier un tel assouplissement lorsque la classe politique fait précisément l’objet d’interrogations sur ses rapports avec les réseaux criminels et les circuits financiers illicites ?

Au chapitre des finances publiques, le contrat conclu avec la société de sécurité Windward Wyoming LLC, associée à Erik Prince, concentre les interrogations. La Fondasyon Je Klere (FJKL) a documenté des décaissements et évoqué un montant global de l’ordre de 52 millions de dollars. Quels mécanismes de contrôle permettent de vérifier les prestations fournies, les montants réellement engagés et les résultats obtenus ? La même exigence de transparence doit s’appliquer aux dépenses immobilières de l’État, notamment à l’éventuelle reconversion d’anciens établissements hôteliers en locaux ministériels : quels baux, quels loyers et quelles procédures de passation ont été retenus ?

Le récent déplacement du Premier ministre au Mexique vient alimenter les interrogations sur la transparence de la gestion gouvernementale. Alix Didier Fils-Aimé est rentré à Port-au-Prince le dimanche 25 octobre, au terme d’un séjour dont ni les motivations officielles ni les modalités de financement n’ont fait l’objet d’explications publiques circonstanciées. Le chef du gouvernement dispose-t-il désormais de la latitude de voyager à sa convenance, sans communication préalable suffisante ni justification des dépenses engagées ? S’agissait-il d’une mission d’État ou d’un déplacement privé ? Qui a financé l’appareil affrété ?

Plus préoccupant encore, son absence du territoire national a coïncidé avec l’arrivée successive de contingents militaires salvadoriens, déployés à partir du jeudi 22 octobre pour participer aux recherches de quatre de leurs compatriotes disparus à Santo, dans la commune de Croix-des-Bouquets. Selon Le Nouvelliste, quelque 450 militaires salvadoriens étaient déjà présents en Haïti le vendredi 23 octobre. La Force de répression des gangs (FRG) a confirmé l’arrivée de renforts et leur participation à des opérations coordonnées avec la Police nationale d’Haïti. Toutefois, une interrogation demeure sur leur statut opérationnel précis : ces troupes sont-elles intégralement placées sous le commandement de la FRG ou obéissent-elles également à une chaîne de commandement militaire directement établie par San Salvador ? Qui a autorisé leur déploiement, dans quelles conditions et selon quelles règles d’engagement ? Le gouvernement haïtien a-t-il formellement donné son accord à cette mobilisation militaire étrangère ?

Ces interrogations concernent directement la souveraineté nationale, la responsabilité constitutionnelle de l’Exécutif et les prérogatives de l’État haïtien sur son propre territoire. La nation exige des explications publiques, précises et documentées. Il ne s’agit ni d’une faveur sollicitée auprès du pouvoir ni d’une formalité facultative, mais d’une exigence de transparence et de responsabilité gouvernementale. It’s a must.

Pendant ce temps, les indicateurs sociaux et sécuritaires demeurent préoccupants. L’inflation annuelle atteignait encore 17 % en août 2026, selon l’Institut haïtien de statistique et d’informatique (IHSI). Les violences des groupes armés continuent de provoquer morts, enlèvements et déplacements massifs de population. Les accusations de corruption et l’impunité persistante fragilisent davantage la confiance envers les institutions. Certes, le gouvernement fait valoir les opérations de sécurité et les préparatifs électoraux. Mais quelle appréciation les citoyens peuvent-ils porter sur ces initiatives lorsque leur quotidien reste dominé par la peur, la précarité et l’incertitude politique ?

Le bienheureux Alix Didier Fils-Aimé bénéficie ainsi des prérogatives considérables d’un pouvoir non élu, sans disposer de la légitimité populaire que seule une consultation démocratique régulière pourrait conférer. La Constitution de 1987 repose sur la responsabilité gouvernementale, la séparation des pouvoirs et le principe de souveraineté nationale. Même confrontée à une situation exceptionnelle, une administration provisoire ne saurait considérer la reddition des comptes comme une formalité facultative. La République peut-elle continuer à financer une transition dont la durée s’allonge, sans que ses citoyens disposent de garanties suffisantes sur l’emploi des ressources collectives et sur la transmission effective du pouvoir ?

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Article précédent Ballon d’Or 2026 : Harry Kane entre dans l’histoire et met f…

Commentaires (0)

Laisser un commentaire

0 / 2000 caractères

Aucun commentaire. Soyez le premier !