À Bichkek, les grues ont envahi l’horizon, le bruit des travaux et les complexes de luxe qui poussent à toute vitesse accompagnent la transformation de la capitale kirghize. Patron d’une entreprise de construction, Mirlan Akzhigitov mène 24 chantiers, dont la Royal Tower, immeuble de 27 étages culminant à environ 104 mètres, qu’il présente auprès du New York Times comme le “premier gratte-ciel de l’histoire kirghize”.

Partout dans le pays, routes, aéroports, écoles, stades et grandes infrastructures publiques sont rénovés ou construits à marche forcée. Dans ce pays longtemps habitué à voir ses propres citoyens partir gagner leur vie à l’étranger, le mouvement s’inverse désormais, avec l’arrivée d’ouvriers venus d’Asie du Sud sur certains chantiers, raconte le quotidien new-yorkais, dont l’article a par ailleurs trouvé relativement peu d’écho dans la presse kirghize.

Cette dynamique accompagne un essor économique remarquable. Le PIB kirghiz a progressé de plus de 11 % l’année dernière, porté par l’envolée du prix de l’or, premier produit d’exportation du pays, les investissements publics et l’essor de la finance et des cryptomonnaies. Mais surtout par le rôle du Kirghizistan dans les échanges avec la Russie depuis l’invasion de l’Ukraine.

Une dynamique à double tranchant

Après 20