Le Chantier des Francofolies, dispositif d'émergence des jeunes artistes
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Depuis vendredi soir 10 juillet, la ville de La Rochelle, dans le sud-ouest de la France, accueille la 42ᵉ édition des Francofolies, ce festival dédié aux musiques françaises et francophones. Jusqu’à mardi soir, les têtes d’affiche se succèdent sur scène : Orelsan, Gims, ou Aya Nakamura pour ne citer qu’eux. Mais depuis leur création, les Francofolies ont aussi toujours mis en valeur l’émergence, notamment grâce à un dispositif dédié.
Lorsqu’on vient à La Rochelle, impossible de louper ce bâtiment : une grande bâtisse en bois sur le vieux port estampillée « Le Chantier des Francofolies » et qui abrite le programme du même nom.
« Très simplement, le Chantier des Francofolies, c'est ce que l'on appelle un dispositif d'accompagnement », explique Marc Mottin. Il est le coordinateur artistique et pédagogique du Chantier des Francofolies. « On est tourné vers l'émergence, donc c'est vrai que ce sont plutôt des jeunes artistes qui sont encore à leurs débuts. Pour l'essentiel d'entre eux, de carrière. Ils ont souvent sorti maximum un projet dans leur histoire. »
Accompagnement artistique et technique
Tous les automnes, l’équipe du Chantier reçoit des centaines de candidatures, 800 précisément pour l’édition 2026. Seule une quinzaine est ensuite sélectionnée pour participer au dispositif avec un objectif bien précis.
« Sa spécificité, c'est qu'on est tourné vers le perfectionnement du live, donc on travaille essentiellement la scène », ajoute Marc Mottin. « Donc, cela va, je dirais, à la fois d'un travail artistique, à un travail aussi technique, parce qu'on fait aussi un travail d'accompagnement là-dessus, notamment aussi avec les ingénieurs du son des artistes. »
Travailler l'énergie et ne former qu'une entité sur scène
Et c’est bien pour cela que le dispositif se conclut par un passage, aux Francofolies, des artistes épaulés toute l’année. Tout le monde s’appelle. Clara fait partie des 14 groupes de la mouture 2026. Ce samedi, le quintette 100 % féminin et 100 % queer s’est produit en plein cœur de La Rochelle. L’occasion de mettre en pratique tous les enseignements de l’année.
« Un exercice qui m'a marqué, c'était l'exercice de prendre l'énergie, de regarder l'énergie qu'on avait chacune sur scène et après de s'en inspirer pour justement ne former qu'une espèce d'entité sur scène et être vraiment ensemble et mieux se comprendre et mieux jouer ensemble, finalement », explique Clara Bureau, la fondatrice du groupe.
Zaho de Sagazan, Juliette Armanet, et les autres
Des leçons d’autant plus précieuses qu’elles sont prodiguées par d’anciens lauréats du chantier. « C'est un espace où on est avec des professionnels qui n'ont pas d'intérêt auprès de nous, qui ne sont pas là pour nous faire signer, nous faire aller par ci, par là », souligne Malo Texier, la bassiste du groupe. « Et ce sont des espaces rares, c'était exceptionnel pour ça. Ça nous a fait un bien fou. Et l'avant-après était aussi dans l'épanouissement, dans le travail... »
Pour ce groupe né il y a tout juste deux ans, le Chantier est tout à la fois une école, une marque de légitimité et un espoir pour la suite, car il faut dire que depuis sa création en 1998, le dispositif a fait ses preuves : Feu! Chatterton, Zaho de Sagazan, Juliette Armanet ou encore Clara Luciani ont tous fait leurs armes à La Rochelle.
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