A quelques semaines d’élections de mi-mandat dont l’issue s’annonce incertaine, le président américain, Donald Trump, veut des taux d’intérêt bas. La Réserve fédérale (Fed) doit préserver son indépendance. Et le marché obligataire, lui, rappelle que le prix de l’argent ne se décrète pas à la Maison Blanche.
Mercredi 16 septembre, la banque centrale des Etats-Unis a relevé son taux directeur pour la première fois depuis 2023, malgré les appels répétés du président américain à l’abaisser. Scott Bessent, le secrétaire au Trésor, cherche pour sa part à faire refluer les taux à long terme en rachetant de la dette américaine. Une stratégie qui n’a jusqu’ici permis qu’un répit éphémère. Bref, la Maison Blanche réclame, la Fed décide, mais le marché obligataire tire ses propres conclusions.
Le rendement de l’emprunt américain à dix ans, celui qui sert notamment de référence pour le coût des crédits immobiliers et des emprunts d’entreprise aux Etats-Unis, a d’ailleurs continué de grimper, atteignant son plus haut niveau depuis 2007 à plus de 5 %. Le Trésor a beau intensifier ses rachats de dette longue, l’effet se dissipe en quelques jours.
C’est toute la différence entre chercher à peser sur un marché et en modifier durablement les prix. La Fed fixe son taux directeur, celui auquel les banques se refinancent à très court terme. Il s’agit d’une décision prise par un comité, qui s’applique dès qu’elle est votée. Le taux à dix ans, lui, résulte de la confrontation de millions d’anticipations (sur l’inflation, la trajectoire que suivra la Fed elle-même, la croissance…), mais aussi de la quantité de dette que le Trésor doit placer et de la prime que les investisseurs exigent pour la détenir.
Mercredi, les 12 membres du comité de politique monétaire de la Fed ont voté à l’unanimité en faveur d’un relèvement des taux, y compris Kevin Warsh, son nouveau président, nommé par Donald Trump, alors que celui-ci réclamait une politique monétaire plus accommodante. Kevin Warsh a justifié ce choix par une inflation encore trop élevée et une économie qui reste solide. La plupart des responsables de la Fed envisagent désormais au moins une nouvelle hausse d’ici à la fin de l’année.
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