[Cet article initialement publié le 14 avril 2026 a été republié le 28 octobre]
Les files d’attente s’allongent devant les rares appartements disponibles à Zoug, au cœur de l’un des plus petits cantons suisses, situé à vingt minutes de Zurich. Cette ville de 30 000 habitants, bien connue notamment dans les milieux de la finance internationale, enregistre un net regain d’intérêt depuis le début de la guerre contre l’Iran, rapporte le Financial Times.
“Tout le monde connaît Zoug, même ceux qui n’y ont jamais mis les pieds”, explique Pierre Gabris, PDG d’Alpen Partners, un gestionnaire de patrimoine qui conseille des clients fortunés en quête d’un point de chute en Europe. Pour de nombreux négociants et entrepreneurs, parfaitement informés du rôle de la Suisse sur les marchés mondiaux des matières premières, la réputation du petit canton n’est plus à faire.
C’est aussi le cas dans le secteur des cryptomonnaies. Ce n’est pas pour rien que Zoug est surnommée “la capitale de la Crypto Valley”, qui s’étend de Lucerne à Zurich. C’est à Zoug qu’a été lancée, en 2015, l’ether, devenue dix ans plus tard la deuxième cryptomonnaie en termes de capitalisation boursière. Le canton a pu devenir en quelques années une Mecque de la blockchain grâce à son taux d’impôt sur les sociétés, inférieur à 12 %, à sa proximité avec la Bourse de Zurich et à la facilité avec laquelle on peut y créer en quelques heures une entreprise.
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Et c’est aujourd’hui vers Zouk que se tournent les expatriés chassés de Dubaï par la guerre contre l’Iran. “Nous constatons une augmentation des demandes de renseignements. Bien sûr, nous regrettons la situation, mais force est de constater que Zoug en profite”, confie Heinz Tännler, qui a la haute main sur les finances du canton.
Crise du logement
Les CV de chargés de clientèle de banques américaines installées dans le Golfe s’accumulent également sur le bureau des banquiers d’affaires locaux. Pour le moment, certains candidats se heurtent à des difficultés pratiques, note le Financial Times. Pour les ressortissants européens, les choses se passent assez simplement grâce aux accords bilatéraux de la Suisse avec les pays de l’UE. Les autres doivent généralement commencer par trouver un emploi ou bien créer leur entreprise pour espérer décrocher un permis de séjour. Quant aux plus fortunés, ils doivent négocier un accord fiscal avec les autorités cantonales.
Mais le principal obstacle reste la crise du logement qui sévit dans le canton. “L’offre locative est extrêmement limitée, les biens disponibles étant souvent loués en seulement quelques jours. La concurrence est féroce”, signale le quotidien britannique. Sans parler des loyers, qui ont flambé au cours des cinq dernières années.
Heureusement, Zoug n’est pas le seul canton à s’être doté d’une fiscalité avantageuse. “À Lugano, dans le sud du pays, les demandes de renseignements émanant d’expatriés basés à Dubaï sont aussi en hausse”, note le journal. Comme à Zoug, les autorités locales sont prêtes à négocier des accords fiscaux avantageux avec les étrangers fortunés qui se laisseraient séduire par la région du Tessin. Et contrairement à Zoug, ont fait savoir les agents immobiliers, Lugano dispose encore de nombreux logements.
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