Ismael « El Mayo » Zambada, ancien baron de la drogue mexicain, a été condamné, lundi 20 juillet, à la prison à vie par un tribunal fédéral de New York, pour avoir codirigé le puissant cartel de Sinaloa. Agé de 76 ans, il est l’ancien associé principal du fondateur de cette organisation criminelle, Joaquín « El Chapo » Guzman, qui purge une peine de prison à perpétuité dans un établissement de haute sécurité du Colorado.
Incarcéré aux Etats-Unis depuis juillet 2024, il avait plaidé coupable en août 2025 de plusieurs chefs d’accusation en lien avec ses responsabilités à la tête du cartel. En échange, les autorités américaines avaient renoncé à requérir la peine de mort contre lui.
Ismael Zambada a été arrêté lors de son arrivée en avion sur le sol américain en juillet 2024, en même temps que Joaquín Guzman Lopez, l’un des fils de son ancien associé. Il s’agissait d’un piège : le fils Guzman a reconnu avoir dupé Ismael Zambada pour qu’il soit remis aux Etats-Unis et obtenir l’indulgence des juges.
Une enquête sur la violation de la souveraineté mexicaine
Cette trahison du fils d’El Chapo contre Ismael Zambada a déclenché une guerre intestine entre les factions du cartel de Sinaloa, qui a depuis fait plus de 1 200 morts au Mexique. Car deux autres fils Guzman sont toujours actifs dans le pays, qui dirigent la faction dite des « Chapitos », que les autorités américaines considèrent comme un axe majeur du trafic de fentanyl. Un quatrième fils d’El Chapo, Ovidio Guzman Lopez, a par ailleurs été arrêté au Mexique et extradé aux Etats-Unis, où il a lui aussi plaidé coupable de trafic de drogue et de participation à une entreprise criminelle.
Le Mexique a récemment annoncé mener une enquête pour déterminer si les Etats-Unis avaient violé sa souveraineté en capturant le puissant baron de la drogue. Le FBI a présenté l’avion dans lequel voyageait le narcotrafiquant lorsqu’il a été arrêté comme faisant partie d’une opération de la police fédérale américaine.
Or, au moment des faits, l’ambassade des Etats-Unis au Mexique avait assuré qu’aucune agence américaine n’y avait pris part. « Si l’une des agences des Etats-Unis avait participé à cette opération, elle aurait violé des traités internationaux et la Constitution mexicaine », avait affirmé la présidente mexicaine, Claudia Sheinbaum.
Le gouverneur du Sinaloa inculpé par le parquet de New York
La relation bilatérale avec les Etats-Unis s’est notamment tendue avec la mise en cause en avril par la justice américaine du gouverneur de l’Etat de Sinaloa, membre du parti au pouvoir, accusé de liens avec le cartel de Sinaloa. Ce gouverneur, Rubén Rocha Moya, s’est mis en retrait de ses fonctions après son inculpation par le parquet de New York, qui réclame son arrestation et son extradition.
La présidente mexicaine a insisté pour que des preuves solides soient présentées contre lui. Le parquet accuse Rubén Rocha Moya et neuf autres responsables mexicains, actuels ou anciens, de s’être associés au cartel « pour distribuer des quantités massives de stupéfiants aux Etats-Unis ». La justice américaine accuse aussi la faction des Chapitos d’avoir aidé Rubén Rocha Moya à se faire élire au poste de gouverneur.
Par ailleurs, en avril dernier, deux agents américains avaient trouvé accidentellement la mort lors d’une opération de la CIA, principale agence de renseignement aux Etats-Unis, alors que leur entrée sur le territoire n’avait pas été autorisée par le gouvernement fédéral comme l’exige la loi mexicaine.