Chers lectrices et lecteurs,

Les amateurs de titres forts et d’hyperboles ont été servis cette semaine : “La France en feu” (Quotidiano nazionale, Bologne), “Un pays en ébullition” (Die Welt, Berlin), “La jeunesse monte aux barricades” (Der Standard, Vienne) ou encore “Macron a fait de la France un fiasco” (The Spectator, Londres). On s’attendait à un débat houleux sur un budget compliqué, et à des secousses de précampagne dans un pays polarisé. La colère a finalement explosé ailleurs.

Le rythme auquel les événements se sont succédé ces derniers jours a mis à rude épreuve les journalistes les plus flegmatiques de la presse étrangère : lundi les élections laissaient un Sénat remodelé ; puis Jordan Bardella s’est découvert publiquement rediabolisé ; en même temps se sont succédé les manifestations : les policiers, les pompiers, les pêcheurs, les fonctionnaires… Enfin le mouvement des lycéens a eu raison de ce qui restait de modération : la France aujourd’hui, fulminait le même Spectator, c’est ce pays “où même les enfants sont incontrôlables”. Vous vous reconnaissez ?

Vu de l’étranger, en tout cas, cette colère donne à réfléchir : au-delà de leurs légitimes revendications, les lycéens “seront-ils les ‘gilets jaunes’ de 2026” ? Ou sont-ils plutôt autre chose : l’expression de ce “p