Saint-Pierre-et-Miquelon, ultime avant-poste de l’empire colonial français qui s’étendait autrefois sur une grande partie de l’Amérique du Nord, est un archipel minuscule, presque encerclé par le Canada, et bien plus proche des États-Unis que de Paris. Oublié, pour ainsi dire, il savoure son anonymat, celui des coins perdus de la planète.

Or trois événements récents l’ont propulsé sur le devant de la scène : une série télévisée canadienne à succès, une insulte politique venue de l’Hexagone et des droits de douane infligés – évidemment – par Washington.

“Subitement, à cause de ces trois événements, nous sommes très demandés”, déclare Yannick Abraham, premier vice-président du gouvernement du territoire, dans son bureau de Saint-Pierre, à quelques pâtés de maisons du ferry qui relie les îles à Terre-Neuve, au Canada, à 25 kilomètres de là. “Beaucoup trop”, ajoute-t-il. À tel point qu’il est désormais recommandé aux touristes qui embarquent sur le ferry à destination des îles – un bout de France si loin de la métropole et si près du Canada – de réserver d’abord un logement. “Tout est absolument complet”, dit Yannick Abraham, qui ajoute que de nombreux visiteurs n’ont pas réussi à trouver où s’installer, ni même où manger.

Cette attention hors du commun [a atteint] son paroxysme ave