Bally Bagayoko est plus qu’un homme politique. C’est un symbole. Issu de la gauche radicale, cible d’attaques racistes, il est aussi, depuis quelques semaines, le nouveau maire de Saint-Denis, commune de 150 000 habitants située [dans le département le plus pauvre de France], en banlieue parisienne.

Il y a quelques jours, Bally Bagayoko s’est fait publiquement rappeler à l’ordre par le préfet de son département – le représentant de l’État au niveau local –, pour l’une des premières mesures prises depuis son élection. Il faut dire que la décision était hautement symbolique : l’édile a décidé de décrocher le portrait officiel du président Macron, généralement affiché dans toutes les mairies de France, en signe de protestation contre les inégalités sociales. Et l’envoyé du président a répondu à la provocation.

Si la réprimande de l’exécutif n’a rien d’un scandale raciste, cette affaire de portrait est loin d’être anodine pour autant. C’est un bien mauvais présage pour la prochaine élection présidentielle, qui se tiendra dans un an tout pile. Le symptôme d’une société malade, profondément divisée, au sein de laquelle la mesure et le centrisme, incarné par Emmanuel Macron, n’ont plus leur place et viennent seulement contrarier l’antagonisme recherché par les extrêmes.

Révélateur d’un