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« Le prolapsus des organes pelviens ne doit plus être un sujet dégradant, tabou »

Dans une tribune au « Monde », quarante parlementaires et la présidente de l’association POP France appellent à rompre l’isolement des femmes concernées par la descente d’un ou de plusieurs organes. Ils plaident pour que l’ensemble du parcours de soins soit repensé.

« Le prolapsus des organes pelviens ne doit plus être un sujet dégradant, tabou »
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En 2026, des tabous médicaux condamnent encore certaines femmes à l’isolement et à une souffrance évitable. C’est le cas du prolapsus des organes pelviens (POP). Il fragilise profondément la santé physique et mentale des femmes atteintes, exposées à un manque d’information et d’écoute.

Le terme de prolapsus des organes pelviens désigne la descente d’un ou de plusieurs organes du pelvis – ou petit bassin – dans le vagin. Les cas les plus fréquents affectent la vessie, l’utérus et le rectum. Le POP concernerait environ une femme sur deux sans qu’une gêne soit nécessairement ressentie, selon un article paru dans le Canadian Medical Association Journal, en novembre 2023. Cependant, à un stade plus avancé, les organes peuvent créer un bombement ou une saillie au niveau de l’hymen.

Cette forme symptomatique du prolapsus est loin d’être marginale. Comme l’expose une étude britannique de 2024, parue dans BMC Women’s Health, nombreuses sont les femmes qui renoncent à consulter, par gêne ou par méconnaissance. Dès lors, les estimations médicales de la prévalence varient fortement selon les protocoles – de 3 % à 11 % de femmes atteintes –, et l’ampleur réelle du phénomène est minorée. De plus, une idée reçue persiste : les prolapsus sévères ne toucheraient que les personnes âgées. Or, des jeunes femmes, avant la trentaine et même adolescentes, peuvent aussi y être confrontées.

Détresse massive

Le prolapsus symptomatique est le plus souvent invisible, mais entraîne des conséquences nombreuses et invalidantes au quotidien. Il suscite des gênes permanentes, des sensations de lourdeur, de pesanteur, de tiraillements et cette impression que « tous les organes peuvent à tout moment sortir du corps ». Les troubles urinaires et digestifs sont fréquents. A ces symptômes s’ajoute la solitude dans laquelle sont laissées les femmes atteintes, source de souffrances psychologiques majeures. Selon une synthèse internationale réalisée en 2024 par l’université de Jaen (Espagne), 25,8 % des femmes atteintes présentent des syndromes dépressifs, 28 % des symptômes anxieux. Les témoignages recueillis auprès des membres de l’association POP France laissent entrevoir une détresse encore plus massive.

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